le_crime_qui_est_le_tiens-T127 ans que Greg Hopper se planque dans les montagnes australiennes, loin des hommes, où il élève, seul, des moutons…Mais juste avant de mourir de son cancer, son frère Ikke a avoué le meurtre de Lee, sa femme, de 67 coups de ciseau à bois. Mais au fait pourquoi Ikke s’est-il décidé à avouer tant d’années après ? Pour partir l’âme en paix ? Pour que Greg puisse revenir en ville, à Dubbo City et peut-être, enfin, retrouver une vie normale ? Ce serait trop simple, bien sûr…

En 2014, Berthet a lancé Ligne noire, une collection de polars dont il confie le scénario à différents auteurs et qu’il dessine. En demandant à Zidrou de rejoindre le projet, il ne prenait pas beaucoup de risques : il savait que le scénariste belge lui concocterait une de ses histoires dont il a le secret : dérangeante, brillante et trompeuse à la fois. Car personne n’est ce qu’il paraît être dans Le crime qui est le tien et tout n’est ici au contraire qu’apparences mensongères et faux-semblants. Et Zidrou « joue » avec le lecteur jusqu’au bout du récit pour bien lui démontrer que la « vérité » (comme la vie…) est souvent plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord et qu’elle reste subjective…

Un récit habilement manipulateur (Zidrou nous donne l’impression plusieurs fois de saisir la vérité du récit avant de nous montrer que l’on avait tort…) et d’une belle maitrise narrative : faire apparaître les fantômes de Lee et Ikke venant hanter Greg quotidiennement permet en effet au scénariste de faire des allers et retours totalement plausibles entre passé et présent pour progressivement démêler les fils du casse-tête chinois qu’il a imaginé. De la belle ouvrage mise en image par la ligne claire sage mais solide de Berthet.

(Récit complet – Dargaud)