hasibPour éviter d’avoir à partager avec Hâsib le miel qu’ils venaient de trouver ensemble, 3 bucherons s’arrangèrent pour qu’il reste coincé dans le puits une fois le dernier seau du précieux liquide remonté. Mais Hâsib trouva une autre sortie débouchant sur une île souterraine, territoire de la reine des serpents qui lui demanda de lui expliquer pourquoi il se trouvait là. Puis, à son tour, elle lui raconta tous les évènements merveilleux qu’elle avait vécus. Elle lui parla du roi Bulûqiyyâ qui parcourut le monde pour aller à la rencontre du prophète Muhammad qu’il adorait, de Salomon et son anneau magique qui permet de se faire obéir des hommes, du savant Uffan qui rêvait de trouver la fontaine de Jouvence pour atteindre la vie éternelle ou du prince Jânshâh qui se perdit lors d’une partie de chasse…

David B. qui adapte un conte des Mille et une nuits ? Ceux qui connaissent l’auteur ne seront pas vraiment surpris ! Car avec ses histoires de princes obligés de se battre contre des Ogres pour retrouver le chemin de leur royaume, de reine à tête de serpent, de démons au service du roi Salomon, de prophètes et autres mages que l’on croirait tirer de rêves, ce livre mythique avait de quoi stimuler l’imaginaire de David B. qui s’en donne, du coup, à cœur joie ici. De son trait ondulant si typique, il donne en effet vie à ces récits enchâssés les uns dans les autres à la façon des poupées russes avec le talent et l’inventivité qu’on lui connaît habituellement. Batailles épiques, créatures aux têtes improbables, armée de singes : David B. convoque son bestiaire préféré pour nous perdre dans ce véritable dédale narratif et rendre hommage, par la même occasion, à l’un des plus célèbres recueils d’aventure mythologique qui soit. Vivement la suite (Hâsib et la reine des serpents est prévu en 2 tomes) !

(Diptyque – Gallimard)