Protomartyr_LP3 albums en 3 ans : Protomartyr ne veut visiblement pas traîner en chemin. Joe Casey, le chanteur, n’entend en effet plus perdre de temps. Maintenant qu’il a trouvé les acolytes qu’il recherchait, il veut simplement laisser libre court à ce qu’il avait en tête et sur le cœur. Parce que si l’on en juge par le côté habité de Protomartyr, des choses devaient sortir et s’exprimer. Et tant mieux pour nous car si Under Color Of Official Right ne nous avait déjà pas laissé indifférent, The Agent Intellect place la barre encore plus haut.

On retrouve donc, bien sûr, ce post-punk sans fioritures, à l’ancienne (qui peut rappeler Joy Division, The Fall ou Wire), qui nous avait déjà bien plu, mais avec une urgence, un supplément d’âme qui élèvent le niveau de ces 12 morceaux. Le chant grave et désenchanté de Casey, charismatique, n’y est bien entendu pas étranger. Ni la guitare de Greg Ahee (passé maître dans l’art du riff entêtant), très souvent inspirée, qu’elle soit incisive ou mélodique. Du très Joy Division Pontiac 87 au sombre et mystérieux Cowards Starve en passant par le mélancolique I Forgive You, The Agent Intellect enfile les excellents morceaux comme on enfile les perles.

Vous l’avez compris : ne passez pas à côté de l’un des meilleurs albums de 2015. Avec le Modern Dancing de Traams, bien sûr.

(Album – Hardly Art)