Cinq and après Your Favorite People All In One Place, le groupe de Washington DC revient avec cette pop de plus en plus typique du label Dischord. Mais là où leur premier album jouait encore légèrement avec les codes plus reconnus du label (l’influence de Fugazi pour ne pas les citer), ce Completely Removed n’en garde qu’une approche très lointaine. Composé et enregistré principalement à deux (Devin Ocampo et Chad Molter, aidés par moment de Mark Cisneros), ce nouvel album s’inspire à la place, plus que largement des seventies. On ne sera pas surpris de retrouver des codes flagrants du rock progressif (sans son côté pompeux), de la pop culture, ou même du rock fumant. Si l’école maison, à la Fugazi, n’a jamais été le fort de Medications, il faut avouer que cette approche toujours plus colorée a de quoi décontenancer à la première écoute. Surtout ceux qui espèrent un jour retrouver la grandeur de Faraquet, le précédent groupe de Devin et Chad. Pourtant, personne ne sera pris au dépourvu : Medication a toujours évolué dans ce style moins agressif, mais il pousse aujourd’hui le bouchon beaucoup plus loin. Si on retrouve bien une manière de chanter, il est préférable de tourner la page Faraquet, au risque d’être déçu. L’âge, en plus d’amener la sagesse, arrondi les angles ! Néanmoins, si cet album demande d’être apprivoisé, il sait dévoiler ses trésors à celui qui prendra le temps de les découvrir. Alors, certes, Medications, avec son approche beaucoup plus mélodique, n’arrive jamais à concurrencer 31Knots (qui utilise des ingrédients communs), mais ses mélodies savent séduire, et pernicieusement vous pénétrer. Soyons honnêtes, comment résister aux délices pop de Brasil ’07, ou aux riffs démoniaques de Home Is Where We Are ?
OK, cet album ne finira sans doute pas dans les annales, et, une fois pour toute, Medication n’est pas Faraquet, mais si, pour vous, Classic Rock, Pop et Dischord sont des mots qui peuvent se conjuguer ensemble, alors, ce Completely Removed devrait pouvoir vous parler.

(Album – Dischord)