lhommequiVol Madrid-Lyon. Alors que l’avion se rapproche de l’aéroport Saint-Exupéry, 2 hôtesses de l’air remarquent un homme qui a une attitude étrange. Complètement perdu, il semble ne pas savoir où il se rend ou quel jour on est…Un peu plus tard, après l’atterrissage, l’une des hôtesses le retrouve dans le hall du terminal, sans bagage, hagard, devant un distributeur qui vient de lui avaler sa carte de crédit car il n’a pas composé le bon code. Et quand elle lui demande comment il s’appelle, l’homme doit regarder sur son passeport pour pouvoir lui répondre…Un cas fascinant d’amnésie ! Et un sujet rêvé pour Violette qui doit justement rédiger une thèse de psychologie pour valider sa formation et pouvoir devenir physionomiste à la sécurité dans les aéroports…La jeune femme propose donc à Etienne, c’est son prénom, de l’aider à comprendre ce qui lui arrive et à y voir un peu plus clair dans sa vie…

Didier Tronchet revient avec un nouveau roman graphique qu’il a cette fois laissé le soin à Olivier Balez (qui livre ici une très belle partition graphique avec un dessin fluide, moderne et personnel) de mettre en images. Et comme pour Vertiges de Quito, il s’est inspiré de son séjour en Equateur (il y a vécu pendant 3 ans) pour écrire le scénario de ce récit puisqu’Etienne devra se rendre, accompagné de Violette, à Quito et s’immerger dans la folie des fêtes du quartier de Guapulo et faire connaissance avec la démocratie à l’équatorienne (les policiers, pour protester contre leur condition, se sont mis en grève et ont pris en otage le président venu à leur rencontre laissant un bordel sans nom en ville puisque les bandes de voleurs en ont profité pour se livrer à des pillages dans les magasins) pour retrouver la mémoire.

Vous l’avez compris, L’Homme qui ne disait jamais non est une comédie truculente qui rend hommage aux films policiers (dont Violette est d’ailleurs fan, son film préféré étant La maison du docteur Edwardes d’Hitchcock) tout en jouant avec les codes du genre et en se moquant de ses clichés (le cadavre dans le placard, le héros amnésique, les dettes d’argent qui poussent au meurtre, la double personnalité du héros, l’homme louche qui semble suivre, menaçant, le protagoniste) qu’elle réutilise d’ailleurs à son propre compte de façon décalée. Très sympa.

 

(Roman graphique – Futuropolis)