Une jeune vahiné, Salade de fluits, qui quitte son île à bord d’un canoë pour partir à la recherche d’un père qu’elle n’a jamais connu, un préposé aux autocollants disgracieux, Fabrice Lemoutu, qui se retrouve dans une clinique où l’on fait des expérimentations sur les greffes après avoir laissé une jambe dans la gueule d’un requin, une jeune femme, Barbara, prof de yoga aux fesses rebondies (si si c’est important pour l’intrigue…) qui devient accro aux Chocosovars et un auteur, Mathieu Sapin dans son propre rôle, qui est en panne sèche d’inspiration devant son ordinateur : ça part dans tous les sens, c’est quasiment impossible à résumer, c’est loufoque à souhait : c’est le nouveau Sapin !

On n’avait pas relu Mathieu Sapin depuis « Supermurgeman » (en fait, si, dans « Tranches napolitaines », mais bon…) mais avec ce « Saga poche », je vais vous dire, on est complètement rassurés ! Notre homme n’a pas changé ! En effet, auparavant sorti en courts épisodes sur le blog de l’Express, ce « Chocolat Kosovar » fait une nouvelle fois la part belle aux aventures abracadabrantesques, à l’humour absurde, à l’imprévisible et à la fantaisie débridée. Comme le crie la copine de Barbara sur le rabat de la troisième de couverture : « c’est vraiment n’importe quoi » ! Et c’est ça qui est bien !

En bon héritier des Sfar, Trondheim et consorts, Sapin propose ici un savoureux mélange d’autodérision, de thriller loufoque, d ‘aventures inimaginables et de personnages aussi improbables qu’hilarants (mention spéciale pour le glaçant docteur Bramahputra) tout au long d’un scénario probablement assez largement improvisé qu’il met en images d’un trait jeté, aussi approximatif qu’approprié. Un délire pur jus bien rafraîchissant dont on peut découvrir la suite en se connectant sur [blogs.lexpress.fr/bd/] ou en patientant jusqu’à la sortie de sa version recueil papier qui s’intitulera « Pâté de tête ».

 

(BD – delcourt)