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Charles de Goal + Infecticide + Komplikations
St Ouen (Mains d’œuvre), 17 mars 2016

En ce jeudi soir, Charles de Goal envahissait Mains d’Œuvre pour lancer la release party de son nouvel album « Mobilisation & Resistance ». Pour l’occasion, le groupe s’est entouré d’Infecticide et des excellents Komplikations. L’odeur des années 80 flotte dans l’air.

La salle n’est pas encore pleine quand Komplikations commence. Cela n’empêche pas le trio post-punk de donner le meilleur de lui-même. Un synth-punk aussi brut et frontal qu’il peut être dansant ou touchant. Le son de batterie, du plus bel effet, sature comme une boite à rythme des années 80, les synthés vrombissent et élargissent le spectre, tandis qu’Alen, tient la scène avec son chant punk. C’est toujours un régal de voir ces trois là. Il se dégage de la scène quelque chose de sincère, de fragile aussi, et d’incroyablement classe. « Faces », « Defect », « down », « Sans Sentiment », « Feeling », « Insanity », « Apathy », tous les tubes s’enchainent avec une énergie parfaite. Dans le public, les amateurs commencent à danser. Quand arrive le plus facile « The City », les trois quart de l’assemblée commencent à lever les genoux et onduler le bassin. Il n’y a pas à tortiller, question post-punk, le trio belge-croato-allemand suit le chemin des Frustration. Du grand art. On aurait aimer un rappel, mais le groupe s’arrêtera là.

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Charle de Goal

Dommage, car la suite n’aura pas le même intérêt à mes yeux. Infecticide revisitent eux-aussi un certain son des années 80, mais d’une manière beaucoup plus fun et electro. La salle commence à être bien remplie. Sur scène, les trois rigolos sont vêtus de gilets de sécurité jaunes, voire de sac poubelle pour le chanteur, mais on est loin de la classe d’un Devo. Les beats s’inspirent plus clairement d’une techno old school et entrainent avec eux une salle conquise d’avance. Infecticide passe sur Arte. Les paroles absurdes, en français, semblent faire mouche. La machine est rodée. Malheureusement, j’y vois un mélange de Gogol 1er et de Trio (« da da da ») en version electro. Il y a pire, mais ce n’est pas mon truc.

Le temps de discuter avec les copains, et ce sont donc les stars de la soirée qui viennent défendre leur nouvel album. Malheureusement, autant être clair d’entrée, je n’ai jamais été très fan de Charles de Goal. Déjà à l’époque, leur approche un poil trop policée me laissait de marbre. Mais j’étais curieux de voir ce que donnait le groupe aujourd’hui.

Les spotlights sont de sortie, fini le minimalisme des débuts. Le groupe enchaîne principalement ses morceaux récents, mélangeant boites à rythme eighties, batterie, guitares noisy et synthés. La salle est pleine. Le groupe semble prendre du plaisir. Malheureusement, je n’arrive pas à rentrer dans leurs morceaux. Je n’accroche pas à ce chant trop maniéré pour un style aux origines plus cold. Leur besoin d’essayer de faire groover un rock froid n’est pas très heureuse non plus. Pourtant c’est plaisant de les voir encore là, avec un vrai sens du partage, et une envie non feinte de faire du bruit. Si je n’y suis pas sensible, leur trouvant un petit côté balloche quand ils essaient de grossir le son, la communion avec le reste de la salle est visible. Tant mieux. Les gars d’Infecticide viendront leur prêter main forte, puis ce sera au tour d’Alen de Komplikations. La fête est réussie. Le public est content, le groupe aussi.

Je m’éclipse. Dans ma tête, résonnent quelques paroles en anglais… et l’envie irrésistible d’aller poser un vinyle de Komplikations sur la platine en rentrant.

Photos : Jean-Yves LaMenace
(Merci à Mains d’œuvre)