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J’arrive tôt ce soir, à l’heure en tout cas, pour voir les 2 premières parties (dont je n’ai jamais entendu parler…) annoncées avant la tête d’affiche. En fait, j’aurais pu carrément m’abstenir ! Bruit Fantôme (pourtant le nom du groupe me plaisait bien) et Kaitlyn Aurelia Smith proposent en effet 2 DJ sets, d’électro dansant pour le premier et d’électro new age plus ambient et planant pour la seconde, totalement inintéressants. Il n’y avait d’ailleurs pas encore grand monde pour voir leurs prestations… Comme j’ai cette fois fait le déplacement seul à Reims, il n’y a même pas moyen de discuter un peu pour faire passer le temps. Une bière fera l’affaire. Je patiente donc gentiment, pendant une heure quand même, avant de quitter mon fauteuil (la déco est sympa dans la salle « club » de la Cartonnerie : des objets de récupération en ferraille transformés en banc, en lampadaire ou en fauteuil donc. J’ai eu le temps de l’admirer du coup…) pour me rapprocher, enfin, de la scène. Le rideau est encore tiré : roadies et musiciens sont encore occupés à installer le matos et à faire les derniers réglages. Mais assez rapidement la musique d’ambiance s’arrête et les lumières s’éteignent. L’excitation monte d’un cran parmi le public, pas très nombreux ce soir. Moins de 200 personnes. Voilà qui explique pourquoi Battles joue ce soir dans la « petite » salle de la cartonnerie ! C’est vrai que le groupe revient pour quelques dates européennes une poignée de mois seulement après une grande tournée (c’était à l’automne dernier) qui les avait vus jouer La Di Da Di en live mais bon, c’est bizarre quand même. A croire que ce samedi soir les rémois ont préféré aller à la fête foraine qui s’est installée sur le Champ de mars ! Le rideau est toujours fermé mais des arpèges de guitare pleins de reverb sortent des enceintes. Dave Konopka est à la manœuvre pour une impro en guise d’intro. Histoire bien sûr de capter l’attention et de faire entrer tout le monde progressivement dans l’univers de Battles. Plutôt une bonne idée mais l’intro en question est trop longue et le public finit par s’impatienter et même (il y a quelques gros lourds déjà éméchés parmi les fans) par apostropher le groupe. Voilà qui n’annonce rien de bon pour la suite ! Enfin le rideau s’ouvre et quand John Stanier se met à frapper ses fûts, la frustration disparaît d’un coup, comme par magie. Battles, dans sa configuration scénique habituelle (Stanier et sa batterie surélevée sont au centre, tout devant, Konopka et sa collection de pédales à sa gauche, Williams, ses synthés et son ordinateur, à sa droite), ouvre avec l’un des morceaux phares, Dot Net, de leur dernier album. Imparable.
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La suite du set sera à l’avenant. Plus compact et équilibré que lorsque je les ai vus au Grand Mix de Tourcoing en octobre dernier (où il y avait 1 ou 2 temps faibles). Bien sûr, le groupe fait la part belle aux titres de La Di Da Di mais, très bonne surprise, le trio américain joue ensuite 2 vieux morceaux (Konopka, au moment de les annoncer, explique d’ailleurs qu’ils ne les ont pas joués en concert depuis plus de 10 ans !), présents sur EP B/C EP, histoire de marquer la réédition toute récente en vinyle, pour la première fois, de leurs 2 premiers enregistrements. Tout le monde dans la salle apprécie ce retour à un math-rock plus basique. D’autant plus que Battles n’oublie pas de faire plaisir à ses fans en proposant ensuite un Atlas d’anthologie, dont le public, reconnaissant (le morceau semble être le plus attendu de la set list !), reprend en chœur le refrain. Bon ce sera le seul morceau avec du chant de la soirée aussi. Il fallait donc en profiter si l’on avait envie de donner de la voix… Puis vient un bon Summer Simmer. Déjà une heure que le groupe joue. On n’a pas vu le temps passer. John Stanier est, quant à lui, complètement trempé. Il faut dire que le bougre ne s’économise pas. Son jeu dégage une énergie et une puissance incroyables. Le bon moment pour faire une petite pause. Tout juste le temps de changer de chemise et revoilà les 3 musiciens qui reviennent pour un rappel de 2 morceaux. Sans surprise, Battles décide de terminer son set par le « tube » de leur dernier album, The Yabba. Le morceau est hyper rôdé en live et le groupe en livre une version tout bonnement excellente avec un John Stanier finissant en transe, donnant tout ce qui lui reste d’énergie sur sa cymbale haute perchée ! Le mélange de math-rock et d’électro et la complicité entre machines et instruments live du groupe prend alors tout son sens !

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Pour leur retour à Reims 12 ans après leur dernier passage, on aura eu droit à du très bon Battles. Sans fioritures (à part l‘intro, très dispensable), décontracté et heureux d’être là, Konopka ou Williams prenant en effet le temps, à 2 ou 3 reprises, entre les morceaux, de parler avec le public et se montrant disponibles à la fin du set pour échanger avec les gens venus leur dire quelques mots. De quoi avoir le sourire avant de reprendre la voiture pour repartir sur Bar-le-Duc via la grande Romanie !