voyageAn 33 après JC. Un gang de petites frappes juives mené par un certain Barabbas veut faire comprendre à Rome qu’elle n’est pas la bienvenue à Jérusalem. Et décide pour ce faire de kidnapper un haut-fonctionnaire romain qui vient d’arriver en terre d’Israël. Au même moment, un dénommé Jésus de Nazareth fait une entrée triomphale dans la ville, acclamé par tous comme le messie qui va libérer le peuple juif. Et si c’était un coup de la cellule de Galilée pour faire de l’ombre à leur opération Polus Botus ?

Comme le préciserait certainement l’esclave germain de cet épisode, Barabbas n’est pas à proprement parler la suite du Voyage des pères. Car il n’est plus question de voyage ici. Non, David Ratte propose en fait de suivre le personnage de Barabbas que l’on avait rapidement entre-aperçu dans le tome 3 au moment où Ponce Pilate demande à la foule de choisir entre lui et Jésus qui sera crucifié au Golgotha et ainsi de raconter les mêmes évènements mais d’un point de vue différent. On croisera donc bien entendu ici les fameux pères (et l’inénarrable râleur Jonas) partis à la recherche de leurs fils dans le cycle 1 ou Jésus Christ.

Voilà pour le scénario de ce Barabbas vraiment très réussi. David Ratte fait en effet une nouvelle fois feu comique de tout bois. Avec en toile de fond une très belle reconstitution graphique de la Jérusalem de l’époque, il propose ici trognes pas possibles, clins d’œil à notre histoire récente (au conflit israélo-palestinien, à la seconde guerre mondiale mais aussi à la comparution immédiate), répliques cultes (« L’esclavage, ça devient vraiment n’importe quoi ») et anachronismes en veux-tu en voilà (surtout dans le vocabulaire utilisé par les personnages avec des « Chelou » ou « Ils vont trop halluciner » mais aussi avec des scènes surprenantes, comme ce juif qui fait un selfie en plein milieu de Jérusalem). Bref, ce premier épisode, vraiment inspiré, lance parfaitement ce second cycle.

 

(Série. Cycle 2 en 3 tomes – Paquet)