maisonQuand le récit s’ouvre, un vieil homme quitte sa maison. Il n’y reviendra plus…Un an après sa mort, ses 3 enfants viennent y passer quelques jours pour ranger et nettoyer afin de pouvoir la vendre. Mais ils sentent très vite que cela va être compliqué de s’en séparer. Car c’est la maison où ils ont grandi. C’est là qu’ils passaient tous les week-ends et leurs vacances. Chaque objet qui y est entreposé, chaque arbuste qui y est planté leur rappelle leur père mais aussi une partie de leur vie…

Paco Roca est un habitué de la collection Mirages. Après Les rues de sable, La tête en l’air et La Nueve, il revient dans un registre différent, plus intimiste, avec La maison, récit tout aussi réussi édité dans un joli format à l’italienne. Avec pudeur et subtilité, l’auteur espagnol y aborde le thème du deuil et de cette épreuve des mois d’après où il faut mettre en ordre les papiers, ranger et faire du tri dans les affaires du défunt et se confronter à tous les souvenirs qui s’y rattachent. Un moment difficile où les rancœurs entre frères et sœurs peuvent refaire surface et les remords (Etait-ce la bonne décision de le laisser partir lorsqu’il est tombé dans le coma ou aurait-il fallu le ranimer ? Pourquoi n’a-t-on pas passé plus de temps à ses côtés lors de ses derniers jours ?) surgir. Tout comme l’impression que l’on ne le connaissait (en découvrant par exemple grâce au voisin pourquoi ce père voulait tant prendre soin de ce figuier qui avait du mal à pousser, construire une pergola dans le jardin ou avoir une voiture toujours parfaitement propre) finalement pas vraiment ce père peu bavard qui aimait passer son temps seul à bricoler et à s’occuper de sa maison.

Un joli récit, souvent touchant, mis en images d’un trait doux et de couleurs délicates qui sonne vraiment juste. Et qui est aussi (l’auteur a placé une photo de lui et son père à la fin du livre) un bel hommage à un père.

 

(Récit complet – Delcourt)