nkvd

Cette soirée GTOK GTKO a un petit goût spécial pour moi. En effet, c’est le deuxième concert du NKVD, aka Neue Kinder Von Damals, le nouveau groupe dans lequel joue Natasha, ma partenaire dans Computerstaat. Et ce sera la première fois que je les verrais.
En attendant, c’est The Kandinski Complex, le trio parisien (vu la dernière fois au Rejufest) qui ouvre la soirée. Le bassiste joue pied-nu, la guitariste chante sa rage avec conviction, et le batteur s’occupe de l’énergie. C’est encore un peu timide, mais leur mélange indie-punk influencé autant par Fugazi que par le grunge, ou même quelques relents quasi-fusion, est au point. Je n’y suis pas vraiment sensible, mais le public semble apprécier. Histoire de goût.

C’est ensuite au Neue Kinder Von Damals de monter sur la scène de l’Espace B. Tout de suite, l’ambiance devient plus charismatique. Ce n’est que leur deuxième concert, mais on sent que les membres ont de l’expérience (Lipstick Vibrators, Computerstaat/Kimmo, Rewinder, Maximum Kouette, Spermicide, etc.). Expérience qui leur vaut un joli « all-star band synth punk » sur l’affiche. Un groupe sponsorisé par Converse ? On en rigole. Sur scène, les cinq parisiens occupent l’espace. La batteuse joue debout, sans grosse caisse, la guitare est à gauche, la basse et les synthés à droite. Le chanteur, tout de noir vêtu, trône au milieu. En début de set, leur post-punk souffre encore de quelques petits flottements, mais l’ambiance bizarre qu’ils créent entre musique punk cold et chant encore assez garage laisse présager du meilleur. Le public qui commence déjà à les suivre ne semble pas s’y être trompé. Les titres s’enchainent. On se passerait bien de quelques effets de guitare, un peu trop nombreux, mais le groupe semble heureux d’être là, et leur bonne humeur est communicative. En début de set, on sent que les morceaux partent dans diverses directions, plus ou moins maîtrisées, mais petit à petit les cinq sont de plus en plus dedans, et les titres deviennent plus efficaces. Leur univers plus délimité. On sent poindre les tubes punk. Les deux derniers titres (mes préférés), synthé à bloc, sont repris par le public qui danse dans une ambiance festive. Parfait, pour un deuxième concert, malgré un son pas évident (trop de basse), le groupe s’en tire merveilleusement. Reste à resserrer quelques boulons pour plus d’impact, et on leur prédit un bel avenir.

Les trois américaines de MotherFucker prennent le relai. Je ne connais pas leurs disques, mais je suis impressionné par la batteuse . Une énergie et une frappe incroyable. Le tout avec le sourire. C’est clair qu’elle tient le set sur ses épaules. Leur noise punk semble avoir de sacrés atouts, mais les effets sur la voix, la guitare bien grasse, et les décibels à gogo font qu’on a du mal à tout comprendre. Dommage, car on sent qu’elles ont des choses à dire. Pour le moment, je me souviendrais surtout qu’elles ont une super batteuse… et j’en profite pour aller boire une dernière bière avec les nombreux amis dehors.

Une petite soirée réussie en somme. Merci la nouvelle garde GTKO !

photo : JY Lamenace