adamsarlechUne famille d’aristocrates déchirée par le non-dit et le désir interdit ; un homme qui a des hallucinations (une succube très sensuelle vient le hanter, et le tenter !, chaque soir) semble poussé vers la folie par le propriétaire de la maison dans laquelle il a été invité à résider ; un vieux philosophe à l’aube de la mort fait appeler 3 de ses anciens étudiants dont il a dirigé la thèse pour leur demander de retrouver sa femme qu’il avait répudiée pour adultère afin de la revoir une dernière fois avant de mourir…

En apparence, les 3 histoires regroupées au sein de cette trilogie sont indépendantes, même si elles ont un personnage en commun : le docteur Spitzner. En apparence seulement car elles sont en fait traversées par les mêmes thèmes, les mêmes obsessions, serait-on tentés d’ajouter. Peur de la mort, désirs inavouables, culpabilité : les protagonistes d’Adam Sarlech sont tous (peu sont épargnés par l’auteur…), à des degrés divers, atteints d’une perversion ou d’une addiction (sexe, ether, amour…) et la folie les guette. Spectres qui reviennent hanter les vivants, inceste, succubes aguicheuses, hallucinations, spiritisme, adultère, jalousie, trahison : l’univers de cette trilogie signée Bézian est aussi noir qu’effrayant. Mêlant gothique, romantisme noir et fantastique, il y a indéniablement du Poe ou du Sambre (si l’on regarde du côté de la bd) dans cet Adam Sarlech au style graphique très particulier : un dessin inquiétant et sombre, qui propose des visages souvent déformés par la souffrance et la névrose et concourt grandement à l’atmosphère étrange et menaçante de l’ensemble.

Quelques imperfections, mais ces premiers récits (ils ont été réalisés entre 1988 et 1993) installèrent surtout, lors de leur sortie, la singularité de leur auteur. A découvrir ou redécouvrir avec la réédition par les Humanoïdes Associés de cette belle intégrale de Bézian.

 

(Intégrale – Les Humanoïdes Associés)