demisangYori avait presque tout pour être heureux : une mère aimante, des parents filant le parfait amour et un père noble-né, riche et en bonne position pour devenir un jour chambellan. A un détail près : il est ce que l’on appelle un demi-sang, comprenez un bâtard que son père a eu hors mariage. Et malgré son intelligence et sa volonté de réussir, cela condamne le garçon de 10 ans à ne jamais faire partie de cette caste de gouvernants. Malgré les pressions de sa femme et de sa famille, son père a réussi à obtenir qu’il étudie avec ses fils légitimes mais quand ceux-ci lui rapportent que Yori les a agressés, Loris n’a d’autre solution que de le bannir…Le garçon grandira alors dans la haine de ce père qui les a abandonnés, lui et sa mère, et n’aura de cesse de retrouver la classe auquel il appartient, les nobles-nés, et d’accéder un jour au poste suprême de chambellan !

Après avoir raconté l’histoire des Ogres-Dieux dans le premier tome, Hubert et Gatignol se penchent, cette fois, sur l’autre caste dominante du Royaume : les nobles-nés, les familles descendant des 5 capitaines de l’Ogre fondateur de leur dynastie, parmi lesquelles les chambellans sont choisis. Car une fois leur Royaume conquis et leur fortune faite, les Ogres-Dieux n’eurent que faire d’administrer le Royaume. C’est donc au chambellan que revînt cette tâche ainsi que celle d’exaucer leurs désirs, tous leurs désirs. Un poste de pouvoir très important, bien sûr, convoité par les 5 familles, capables de tous les coups bas et de toutes les trahisons pour y placer l’un des leurs.

Ambition dévorante, manipulation, soif de pouvoir, déterminisme social, trahisons, mensonge : Hubert et Gatignol traitent ici, avec le même talent, les mêmes thèmes que dans Petit. Et pour ce faire, ils utilisent les mêmes procédés narratifs et graphiques : l’histoire mêle ainsi toujours, de façon très originale, bande dessinée qui raconte l’histoire de Yori le demi-sang et textes illustrés qui viennent régulièrement enrichir le récit en mettant un coup de projecteur sur la vie des différents chambellans l’ayant précédé. Et côté dessin, on retrouve, bien entendu, le trait très fin et précis de Gatignol mis en couleur par des aplats de noirs, de bancs ou de gris, véritable signature graphique de cette série ambitieuse, sombre et atypique. Clairement l’une de nos préférées en ce moment.

 

(Récit complet – Métamorphose/Soleil)