inversionIl y a des jours comme ça où rien ne va. La loi des séries, comme on dit. C’est ce genre de jours que Robinson débute. Il vient de quitter une nana rencontrée la veille sur internet et il est un peu plus de 6 heures du matin. Son ex débarque chez lui avec son nouveau mec pour déménager ses affaires. Il avait oublié…Ensuite, c’est son père qui arrive au magasin : sa femme l’a (encore) mis à la porte. Puis il apprend que son neveu a fugué. Il y a aussi son employé qui doit lui annoncer qu’il démissionne pour ouvrir un magasin de cigarettes électroniques avec sa femme. Bon, je crois qu’on n’oublie rien. Ah si, il y a un jeune homme qui est passé la veille au magasin : il veut lui annoncer qu’il est le fils qu’il a eu avec une ancienne relation, Sandra…

On avait déjà beaucoup aimé son précédent roman graphique, Lui, également paru chez Futuropolis. Peyraud récidive avec L’inversion de la courbe des sentiments. Récidive parce que ce nouveau récit est une nouvelle fois truculent. Et parce qu’il explore des thèmes qui lui sont chers : l’amour, les sentiments, la fidélité, bref les relations humaines. Souvent compliquées bien sûr. Dans L’inversion de la courbe des sentiments, on se désire, on s’aime, on se trompe, on se quitte (pas forcément dans cet ordre là d’ailleurs). Souvent. A tel point, et c’est bien entendu voulu !, que l’on a parfois du mal à s’y retrouver. Qui aime qui ? Qui est la maîtresse de qui ? Et qui est le père de qui ? A ce côté vaudeville (le quiproquo est roi ici, vous l’avez compris), il faut ajouter une dimension chorale au récit car si Robinson est clairement le personnage central, on suit aussi les péripéties sentimentales de ceux qui gravitent autour de lui : sa sœur qui a une relation avec le voisin, dont la femme est justement partie en fugue avec le jeune Gaspard, son père, bien sûr, mis à la porte par sa femme et que sa maîtresse refuse d’accueillir chez elle ou Charlène, qui se fait mener par le bout du nez par son mec et qui est à la recherche de son père biologique.

Bref, une comédie emballante et colorée, à l’image du dessin, qui s’amuse une nouvelle fois beaucoup, avec talent, de l’inconstance, et de la complexité, de nos sentiments.

 

(Récit complet – Futuropolis)