julieruinOn n’avait pas envie de le manquer ce second album de The Julie Ruin. En premier lieu parce qu’on était passés à côté de son prédécesseur. Et ensuite parce qu’il s’agit tout simplement du nouveau groupe de Kathleen Hanna, qui avait officié, faut-il le rappeler, dans les très remarqués Bikini Kill ou Le Tigre. Première constatation : Hit Reset prend ses distances avec le punk (teinté d’électro chez Le Tigre) énervé de ses anciens combos. Le premier titre, qui donne d’ailleurs son nom à l’album, est en ce sens très représentatif de ce second opus qui sort sur Hardly Art (le premier était sorti sur leur propre label) : du pop-punk bien mélodique et sautillant avec ses chœurs parfois presque enfantins contrebalancés par un refrain plus rêche et vindicatif. Les 12 autres morceaux (à part Calverton, pas très réussi d’ailleurs, qui clôt l’album dans un genre différent, plus intimiste, avec simplement du piano et le chant d’Hanna) sont à l’avenant, mêlant ce côté pop enjoué, dans les mélodies et le chant (attention, ça ne veut pas dire que les paroles sont « cheesy » pour autant, hein) et une énergie plus punk, oscillant entre le côté bon enfant des Go Go’s et la dissonance ou la vindicte dont les Sleater-Kinney sont capables. Sans oublier ces synthés très présents, souvent un brin foutraques et délirants (voire kitchs comme sur l’intro de Planet You). Bien sympa (on vous conseille d’écouter Hit Reset, I Decide, Let Me Go ou Mr So and So en priorité) mais on n’est pas trop fans de certaines lignes de chant et l’ensemble est peut-être un peu trop varié pour être une réussite totale.

(Album – Hardly Art)