mattelliott_calmbeforeChaque album de Matt Elliott se ressemble. Nous le savons maintenant. Coffre-fort mélancolique mais non sans espoir, chaque disque du bristolien nous livre un peu plus de son intimité, de ses peurs et de ses questions. The Calm Before ne déroge pas à la règle, et c’est aussi pour cela que nous l’écoutons pour la première fois comme si nous l’avions toujours connu, avec cette impression rassurante de retrouver un vieil ami. Le titre, référence évidente à l’expression « le calme avant la tempête », colle idéalement à la musique du personnage. Sa folk sombre et dépouillée passe toujours, à un moment ou à un autre, par la tempête (le très beau « i only wanted to give you everything » ou « the wings & crown »). Tourbillon noise dans lequel on se perd avec délice après avoir écouté avec attention les histoires pessimistes du bon vieux Matt.
Comme sur chaque album, certains titres retiennent l’attention, jusqu’à devenir votre morceau « doudou », celui sur lequel on reviendra régulièrement, comme un vieux tube de Léonard Cohen. Le sublime « Dust Flesh and Bones », sur l’album The Broken Man, était de ceux là. Alors « The Calm Before » n’atteint peut-être pas de tels sommets, mais des titres comme l’épuré « The Feast of St. Stephen » (sur le poids de la religion) et surtout « The Allegory of the Cave » (sur la place de l’homme dans l’univers) risquent de nous accompagner encore longtemps.

(Album – ici d’ailleurs…)