hasibSauvé in extremis par l’ange Gabriel alors que le roi Salomon était sur le point de le tuer (il faut dire que lui et le magicien Uffân étaient venus lui voler son anneau magique pour pouvoir traverser la mer des ténèbres er arriver dans l’île où se trouve la fontaine de Jouvence), le fils du roi de Banû Isrâ’il, Bulûqiyyâ, en chemin vers son pays, rencontre le prince Jânshâh qui se morfond sur la tombe de sa bien-aimée Shamsa, une femme oiseau. Lui aussi a rencontré le roi Salomon, pour son grand malheur…Il lui raconte pourquoi…

Suite et fin de l’adaptation de ce conte des Mille et une nuits, celui de Hâsib Karîm Ad-Dîn (que Shéhérazade raconte entre la 483ème et la 498ème nuit pour ceux qui aiment la précision !) qui voit David B. prendre toujours autant de plaisir à narrer ces histoires de princes perdus loin de leur royaume, de reines à tête de serpent, de magiciens qui rêvent à l’éternelle jeunesse ou encore d’hommes égarés par leur amour pour des femmes oiseaux et à dessiner ces aventures épiques ou autres batailles improbables entre grands singes et araignées géantes ou entre démons djinns et soldats indiens. Un véritable dédale narratif (les récits sont enchâssés les uns dans les autres à la façon des poupées russes et du coup, on s’y perd un peu parfois, il faut bien l’avouer) qui met souvent en exergue le mensonge, la cupidité ou la convoitise qui poussent l’Homme à sa perte, dans lequel l’auteur nous plonge avec gourmandise grâce à son trait ondulant si caractéristique et inventif (la mise en page de certaines planches est tout simplement incroyable). Un véritable régal pour les yeux !

 

(Diptyque – Gallimard)