Après un « Easter » très produit, au point d’en être limite pompeux, These Arms Are Snakes semble vouloir revenir à ses fondamentaux avec cet album. Contrairement à certains de ses confrères, le groupe aura donc su calmer le jeu à temps. Fini les ras de marée d’effets, et les albums m’as-tu-vu, le quatuor nous livre un album qui se veut, à la première écoute, plus modeste. Quelques effets électroniques traînent encore ici ou là, mais le groupe revient à un post-hardcore sans superflu, Fugazi et Kill Sadie en embuscade. Avec ce « Tail swallower and Dove », TAAS regroupe tout ce qu’il a créé au fil du temps. Alors si ceux qui s’attendent à du spectaculaire risquent d’être un poil déçus, les vrais amateurs du groupe devraient retrouver tout ce qu’ils aiment. Ce nouvel album ne contient aucune bombe exceptionnelle (quoique), mais réuni toutes les qualités intrinsèques du groupe : d’excellents morceaux de post-hardcore, quelques digressions plus étranges, un vague goût indie, et quelques couches post-rock. Alors, c’est vrai qu’à la première écoute l’album ne retournera pas l’auditeur averti, mais, pour une fois en ces temps d’excitations précoces, le quatuor prend le temps de vous cueillir. Peut-être plus classique que les précédentes sorties du groupe, avec des angles moins fermés, cet album n’en est pas moins convaincant. Plus on écoute l’album, plus on sent la force des morceaux proposés. On y retrouve d’ailleurs toute l’énergie du groupe, ce qui nous donne envie de voir les morceaux en version concert tant on connaît l’excellence des bonhommes sur une scène ! Mais on retrouve aussi cette touche plus émotionnelle, qui laisse l’auditeur en suspension… L’album de la maturité pourraient dire les journalistes ? A mes yeux, la maturité en musique, c’est un gros mot… mais les gars de These Arms Are Snakes arrivent, si ce n’est à la maturité, à une synthèse de tout ce pourquoi nous les aimions… et nous n’en attendions pas moins d’eux.