LIBELUL « s/t » (autoproduction) : De la pop gentille faite pour plaire au plus grand nombre, et surtout aux filles. C’est sympa, bien foutu, et on se laisserait presque prendre au jeu. Par contre, pour les filles, ça fait bien longtemps qu’elles préfèrent les trucs plus engagés !

SPEEDBALL « three seconds » (craze records) : Question hardcore, j’ai toujours été vieux jeu, Minor Threat, tout ça. Et le côté speed, l’approche HC mélodique, et les plans de guitares heavy metal de cet album ne m’ont pas franchement fait changer d’avis.

MILES KANE « colour of the trap » (sony) : L’ex membre de The Rascals se prend de plus en plus au sérieux et sort son album solo, mélange de pop précieuse, de relents T-Rexien et de vagues effluves sixties. Sérieux le gars.

GENERAL BYE BYE « Girouette » (greed rds) : Indie pop parfois foutraque, parfois mélancolique, qui nous a plutôt retenu l’attention. On aime surtout quand ils se laissent aller à quelques tours de montagnes russes (Don’t shoot the rabbit), alors qu’on se passerait bien de quelques passages plus formatés. On apprécie aussi les accointances avec Blonde Redhead (bonne époque) et l’alternance de chant féminin/masculin. Bel exercice d’équilibriste en tout cas. Je reste curieux de voir vers où va nous amener la suite.

NO SHANGSA « mortelle California » (ocinatas industries) : Ceux-là se font plaisir et ça s’entend. Ils touchent à tout, du punk, de la noise, une approche un peu prog, des passages dansants… et tant pis si on s’y perd complètement. Le plus important c’est qu’ils s’amusent (en écoutant Patricia Kaas par exemple) !

MARIA GORETTI QUARTET « s/t » (tandori / rockerill) : Premiers pas réussis pour ce trio de Lille qui nous offre 14 morceaux de noise tendance post-punk dissonante. Avec au passage de très bonnes idées et une énergie punk comme je les aime. Reste maintenant à prendre la route pour raffermir tout ça.

BROKKEN ROSES « dick reverse » (opposite) : On pourrait croire que c’est un nouveau disque des Burning Heads s’ouvrant sur les mélodies plus lourdes du stoner. Mais s’il s’agit bien du même chanteur/guitariste (Pierre), Brokken Roses réunit autour de lui, deux Gravitry Slaves, et un Brigitte Bop. Nouveau projet explorant les terres brûlés du stoner, et principalement sa version mélodique il faut l’avouer. On est souvent plus proche des Burning que de Kyuss, mais l’album tient bien la route. Pour ceux qui seraient curieux d’entendre la rencontre entre les Burning Heads et Fu Manchu. Et comme chez les BH, on a le droit à la reprise qui va bien. Ce coup-ci le « Kids in America » de qui vous savez. Wow ho !

OVO « crocevia » (load) : Si l’Enfer vous reçoit en musique, je pense que ça pourra ressembler à ça. Cette voix de sorcière maléfique est définitivement flippante ! Les groupes de black-metal peuvent aller se rhabiller, ce groupe de noise expé rafle la mise du disque le plus terrifiant.

DUSTER 71 « size does matter » (overdrive) : Du bon vieux rock’n’roll mâtiné de sonorité sixties. Ça manque un peu de cachet par rapport aux maîtres du genre, mais ça fonctionne.

THIRD EYES FOUNDATION « the dark » (ici d’ailleurs) : Si les titres sont toujours planants et sombres, c’est plus d’electronica que d’ambient que nous parlons. Et le talent du bonhomme n’est plus à prouver. Avis aux amateurs de sons angoissants.

LES BECASSES « angry heart! » (autoproduction) : Power-pop naïve et spontanée. Le chant féminin et les mélodies sont sympa, même si on est vraiment dans le basique poppy punky. Ça demande encore un peu de boulot pour toucher au but (et éviter le côté « groupe de lycée »), mais la fraîcheur de l’ensemble donne envie d’y croire. Par contre, j’espère qu’ils ont fait des progrès en live depuis les vidéos qui traînent sur le net parce que ça fait vraiment débutant là ! Téléchargement libre sur www.lesbecasses.free.fr

KINSKI ELEVATOR « inner crab dogs » (unit music) : C’est sûr, de leurs influences assumées (pink floyd, can, le jazz, tortoise…) à leur sérieux, ces trois là ont dû écouter en boucle les frères Laureau (Prohibition). On peut d’ailleurs retrouver un sacré clin d’œil avec « Ninoroto » (ou le chant de « Where the light » à la Don Nino). Pour le reste, le trio joue une musique technique, souvent douce et jazzy, parfois inspirée (le refrain pop de « Dolls »), mais manquant souvent d’incarnation, et de danger, contrairement aux groupes dont ils se réclament.