thestaches-placidfacesAvec ce nouvel album, The Staches nous donne l’impression que la Suisse est infestée de crocodiles et de kangourous, et que les voisins de paliers se nomment Eddy Current, ou The UV Race. En un mot, après avoir commencé avec un rock-soul tendance garage un peu classique (album « machine » en 2014), le groupe helvète joue depuis avec les codes du renouveau post-punk, à la manière des cousins australiens. Comme si le groupe avait décidé de désapprendre ce qu’ils savaient pour toucher une musique plus originale et plus touchante.
Dorénavant, chez ces sales gosses là (deux gars et deux filles), les mélodies restent naïves, les synthés, bien présents, jouent avec les sons cheap, et le chant, le plus souvent féminin, est à deux doigts du faux pas. Et c’est bien toute cette fausse maladresse, ces vis mal serrées, et ce détachement bancal qui rendent ce disque si plaisant. Il faut dire que les quatre suisses savent lancer leur refrains catchy au bon moment. On sent que les influences garage et post-punk sont bien digérées, et que les rangs se resserrent quand il y a besoin. Personne ne s’y trompe, The Staches savent très bien ce qu’ils font, maîtrisant la fausse note comme une religion. Et cette version minimaliste et enjouée du renouveau post-punk fonctionne merveilleusement. Vive la Suisse australienne !

(Album – les disques bongo joe)