boninC’est une histoire d’amour comme on en trouve dans les romans : François a abordé Nathalie dans la rue. C’est la première fois qu’il faisait ça. Il lui a plu. Ils ont bu un verre. Sont tombés amoureux. Se marièrent et vécurent ensemble. Tout cela semblait tout à fait naturel. Mais un jour François n’est pas revenu de son jogging : il s’était fait renverser par une camionnette. Sa mort laissa Nathalie complètement perdue. Elle se réfugia dans le travail, ne se sentant plus capable d’autre chose. Et surtout plus d’aimer. Jusqu’à ce que Markus, un suédois discret et au physique quelconque qui faisait partie du groupe qu’elle dirigeait, ne rentre dans son bureau pour parler du dossier 114…

On n’est pas vraiment étonné que Cyril Bonin ait décidé d’adapter ce roman de Foenkinos. Déjà car les thèmes que le romancier y développe –alchimie de l’amour, hasards de la vie, fragilité de l’existence- ont toujours irrigué ses propres œuvres. Mais aussi parce que son trait délicat et ses couleurs pastel mélancoliques étaient faits pour mettre en images La délicatesse. Cela ne pouvait déboucher, du coup, que sur cette belle adaptation qui nous parle du côté imprévisible de l’amour (pourquoi tombe-t-on amoureux d’une personne plutôt que d’une autre ?) mais aussi du temps qui passe et de l’instant présent qu’il faut, en conséquence, essayer de vivre pleinement sans se poser trop de questions.

Moins original que l’excellent diptyque Amorostasia, La délicatesse, empli de vibrations positives, n’en reste pas moins une auscultation subtile et fine du sentiment amoureux et parvient à saisir avec beaucoup de vérité les instants forts d’une relation amoureuse et même d’une vie. Bref, Cyril Bonin continue son sans faute.

 

(Récit complet – Futuropolis)