Deuxième album pour ces bretons qui semblent avoir affiner leur son. On retrouve toujours ce chant aérien, un brin lyrique, auquel il faut se faire. Mais le trio a eu la bonne idée de rendre sa noise plus minimale, et plus étrange. L’album commence ainsi avec un très bon Weapons, presque répétitif qui permet de rentrer dans ce disque par la grande porte. Mnemotechnic mélange ainsi son lot d’influences, de la noise, du post-hardcore (à la At The Drive In), un peu d’electronic, de post-punk, et de math-rock. Le résultat, difficile à cerner, a le mérite de créer sa propre voie.
On sent le groupe puiser dans certains sons electro, sans perdre sa furie noise ou son lyrisme un peu fatiguant. Le tout n’hésite pas à nous passer dans le tambour de la machine à laver. Pas facile donc, et on en ressort un peu sonné, mais un peu mitigé aussi. Parfois, ces trois là sont touchés de génie avec une corde qui vibre, une ambiance qui se répète, un synthé sombre ou une guitare teigneuse. Mais à force de changer d’ambiances, et de tout se permettre (avec un certain talent il faut l’avouer), le groupe peut aussi nous perdre. Le chant arrive à nous taper sur le système, les dérives pop aérienne nous irritent, les effets nous aveuglent… mais on se laisse reprendre au jeu, avec une nouvelle ritournelles noise ou un de leur délire vaguement dark électro. Pas toujours juste, ce deuxième album a le mérite de frapper fort et de narguer l’auditeur rigide de sa liberté créative. Et c’est déjà pas mal.

(Album – A Tant Rever du Roi / Kerviniou)