Dans la famille math-rock italien, je demande le petit neveu Diane And The Shell. Un héritier qui reprend à son compte les passages obligés du genre : rythmiques complexes, guitares angulaires, changements de tempos impromptus et autres riffs hypnotiques certes mais en y ajoutant une bonne dose de folie et de fraîcheur. Du coup, les fans de Shellac, Don Caballero et consorts goûteront sans difficulté le virevoltant « Dancefloor on a Loveboat » ou le plus classique « Strauss » mais seront peut-être plus surpris par d’autres aspects de cet album. Car Diane And The Shell a clairement imprimé sa marque de fabrique à ce « Bara Bolero » qui propose ici des influences slaves (« Holidays in Bucuresti » s’inspire, comme son nom l’indique, de la musique populaire roumaine), là des bidouillages électro à base de beats Nintendo (pas vraiment mon trip…) et ailleurs un côté dansant assez révélateur de l’état d’esprit du groupe : Diane And The Shell n’a pas l’intention de se prendre au sérieux ni de se laisser enfermer dans des cases ! Et l’on sent en effet sur ces 10 morceaux une vraie envier de s’amuser, d’oser, d’expérimenter et de faire se déhancher les gens qui les écoutent.
Bon, il reste encore du chemin à parcourir à ce quatuor pour approcher l’inspiration de leurs compatriotes de Bellini ou le talent de Three Second Kiss mais, malgré une fin d’album pas vraiment réussie (en plus de « Tendo Nin » qui fait joujou avec la console japonaise bien connue, on trouve le délire « Last Call » et un bizarroïde « Barabolero », sorte de morceau ethno-world), « Bara Bolero » retient tout de même l’attention grâce à son insouciance, à ce côté jeune chien fou imprévisible bien sympathique. Un album sans prétention, inégal peut-être mais sincère et pétillant.

(Album – doremillaro records)