Comment faire du bruit joliment? Cela fait quelques décennies que les groupes d’indie-rock se sont penchés sur cette équation, certains se cassant les dents dessus, d’autres parvenant à la résoudre avec talent. Cloud Nothings fait partie de ceux-là. Depuis 3 albums maintenant (on ne compte pas le premier, plus pop, que Dylan Baldi avait bricolé tout seul chez lui), le groupe livre en effet un indie-rock-punk de haute volée.  Life Without A Sound ne nous contredira pas : il est de la même trempe ! S’il est plus nuancé, moins frontal (comme l’indique les notes de piano qui ouvrent ce nouvel album, ces 9 nouveaux morceaux ont une coloration plus pop et voient le groupe rééquilibrer sa musique vers davantage de mélodie) que ses prédécesseurs (il faut dire que Here And Nowhere Else était du genre compact, à ne pas vous laisser un moment de répit du début à la fin), cette quatrième livraison garde toujours cette capacité à toucher, au travers du chant de Baldi (même si ce dernier hurle ici beaucoup moins qu’auparavant), toujours très juste et sincère dans les émotions qu’il exprime ou dans les guitares, souvent inspirées. Et n’oublie pas d’injecter un peu d’énergie punk ici ou là, comme sur le typiquement Cloud Nothings Darkened Rings. Mais globalement Cloud Nothings se fait ici clairement plus mélancolique qu’énervé. Difficile de ressortir tel ou tel morceau, car contrairement à Here And Nowhere Else ou à Attack On Memory, il n’y a pas forcément de tube (à part peut-être Enter Entirely) qui s’impose d’emblée comme No Future/No Past, No Sentiment, Just See Fear ou Psychic Trauma mais on est également bien en peine de trouver un morceau ne serait-ce que moyen, preuve de la qualité de Life Without A Sound.

 

(Album – Wichita)