1845. Les Etats-Unis viennent de déclarer la guerre au Mexique en annexant le Texas. Glanton rejoint les Texas rangers et s’illustre par sa brutalité et sa soif de tuer du mexicain. Si ses supérieurs ferment la plupart du temps les yeux sur ses exactions, Glanton finit tout de même par être banni de l’armée pour meurtre. La victoire américaine venue, il prend la tête d’un bande de mercenaires assoiffés de sang qui se fait payer (au scalp…) par des villes ou des états pour chasser et tuer Apaches et autres tribus indiennes gênantes…

Terre de feu, Le chien dans la vallée de Chambara, Prestige de l’uniforme : Hugues Micol choisit ses projets avec soin, préférant livrer des récits exigeants et personnels, quitte à ne pas être très présent sur les étals des libraires. C’est une nouvelle fois le cas avec Scalp (qu’il signe en auteur complet) qui se propose d’évoquer la conquête de l’ouest américain. Mais attention pas celle que les livres officiels racontent ou qui est abordé dans les westerns des années 70-80 (j’espère qu’il n’y en a plus…) avec les gentils blancs et les méchants indiens. Non, la vraie, brutale et violente. Meurtrière et sans pitié qui a vu les mexicains obligés, après avoir été harcelés et régulièrement intimidés, de céder l’équivalent du tiers du territoire américain actuel aux Etats-Unis et les indiens être quasiment exterminés…

Vous l’avez compris, Scalp est une plongée apocalyptique dans la folie meurtrière (et la débauche car Glanton et sa bande fêtaient leurs victoires dans le sexe et l’alcool) de cette époque sanglante. Un récit aussi sombre que le trait de Micol est noir et charbonneux. Aussi suffocant que ces scènes de combat et d’orgies qui voient corps et dessins complètement s’enchevêtrer (il n’y a pas de cases dans Scalp, comme pour souligner l’absence de règles, de gardes fous dans cet ouest sans foi ni loi) sur les pages. C’est l’envers du décor de cette conquête de l’ouest, le côté obscur de l’Histoire américaine ! Un livre à la puissance graphique rare, halluciné, qui vous prend véritablement aux tripes. Un récit fort, l’équivalent dessiné du Blood Meridian de Cormac McCarthy, à ne pas mettre entre toutes les mains.

 

(Récit complet – Futuropolis)