A votre gauche deux geeks en rupture avec la société balancent une coldwave / frontwave sombre et noisy. A votre droite, un sosie de Philippe Katerine, version dada sans paillette, vous déclame ses cadavres exquis en français comme un possédé fraichement sorti de l’HP. « Il est mort » ! Vous commencez à flipper. Dans la pièce, les murs sont noirs, quelques disques no wave trainent dans un coin. La pièce pue le renfermer comme si on n’avait pas ouvert depuis les années 80. Le son monte, plombant mais pas trop. Saïtam (We Only Said) derrière ses machines et Mistress Bomb H avec sa guitare font monter le truc. Ça gère. On se relâche, on tape du pied, à la cool. Odilon Violet, celui qu’on avait pris pour Philippe Katerine, passe à l’anglais et rejoint les deux zicos pour un petit moment darkwave, plus classique, mais bien foutu. On se décontracte. On se rappelle les textes de FJ Ossang et ses MKB-Fraction Provisoire, même si plus personne ne s’en souvient. On aperçoit une boule à facette poussiéreuse au plafond. On se met à bouger le bassin, mais pas trop non plus. Les Galaxies restent noires, faut pas déconner non plus. Pourtant les rennais nous entrainent dans leur délire. La musique nous envahit, froide et classe. Odilon Violet continue de nous gueuler ses textes théâtraux à l’oreille, ramenant un peu d’humour (sombre) à l’ambiance plombée, même si on préfèrerait parfois qu’il aille se prendre une bière, histoire de la garder plombée, l’ambiance, comme on l’aime. Car ce qu’on apprécie avant tout sur cet album, c’est la musique que nous créent les deux autres. Répétitive, froide et presque dansante. Brute, minimale mais habitée. Rien à voir avec Human League auquel le groupe rend hommage sur sa pochette (en supprimant malheureusement tout l’aspect provoquant de l’original). Ex Fulgur ne sont pas partis pour parler à tout le monde, mais peu importe, leurs galaxies noires vont botter des culs aux plus curieux, et c’est ce qui nous plait.

(Album – Kervinou rdz / Detonic / Le Secret)