Omar Rodriguez-Lopez d’At The Drive-In (qui sortira, on vous le signale en passant, un nouvel album en mai!), Buzz Osborne et Dale Crover des Melvins, Teri Gender Bender de Le Butcherettes : il faut avouer que le line up de Crystal Fairy a de la gueule ! Dans ce genre de collaboration, on se demande toujours quel va être l’apport de chacun et qui va plus influencer les morceaux… Alors ? Eh bien côté musique, c’est du Melvins tout craché ou presque! Sauf que c’est Gender Bender qui assure le chant (à part quelques backing vocals d’Osborne) sur tous les titres. Et ça change quand même pas mal de choses. Capable comme Buzz Osborne d’apporter de la folie, elle donne cependant plus de possibilités, notamment en pouvant être plus mélodieuse, aux morceaux, qu’elle habite véritablement la plupart du temps. D’autre part, si l’on retrouve la science du riff d’Osborne (Crystal Fairy est un véritable festival de guitares!), il est ici plus varié et moins souvent lourd qu’à l’accoutumée, Omar Rodriguez (on imagine en tout cas que cela vient de lui…) veillant régulièrement à faire basculer les morceaux vers le côté mélodique. Enfin (les Melvins se sont-ils auto-censurés ou est-ce que ce sont leurs 2 comparses qui leur ont fait comprendre qu’ils pouvaient s’abstenir), on évite ici les 2-3 délires de potaches habituels des Melvins…En tout cas, chacun amène ici le meilleur de ce qu’il sait faire (avec en prime, ici ou là, des synthés décalés bien inspirés) et cela débouche sur un excellent album (la première moitié est même carrément irrésistible!) et beaucoup de morceaux marquants comme Chiseler et son heavy rock noise mélodique qui débute Crystal Fairy pied au plancher, Drugs On The Bus avec des riffs de guitare qui retrouvent la lourdeur habituelle des Melvins et le chant protéiforme de Gender Bender, Necklace Of Divorce, plus nuancé avec sa fin mélancolique ou Crystal Fairy, qui donne son nom à l’album. On a clairement hâte de voir ce que cela va donner sur scène !

(Album – Ipecac)