Sascha Hommer a passé 6 mois en Chine en 2011. A Chengdu, 14 millions d’habitants, capitale de la province du Sichuan pour être précis. C’est ce séjour qu’il raconte ici. Visage caché par un masque de chat, on le suit dans sa quête improbable d’un appartement et sa découverte de cette ville et de ses particularités : la chaleur, l’humidité (il pleut presque constamment), l’urbanisme galopant (il était déjà venu 6 ans auparavant mais ne reconnaît plus certains quartiers…), la circulation affolante, les rats et les cafards dans les appartements…

Hommer est un guide qui reste neutre. Contrairement à Guy Delisle (notamment dans Shenzen ou Pyongyang, parus à l’Association), l’auteur allemand se contente (il ne parle pas beaucoup) d’observer (même si les têtes étranges qu’il dessine aux européens suggère qu’ils sont comme des extra-terrestres aux yeux des chinois) et de rendre compte de ce qu’il voit. Il ne dit pas, il montre. Un pays en complète mutation, passé trop vite d’un communisme dictatoriale (la statue de Mao domine d’ailleurs toujours la place principale de Chengdu mais se trouve désormais au-dessus d’un magasin de jouets…) à un capitalisme sans gardes fous. On achète, on construit, on détruit, on pollue à tout va. Faisant quasiment table rase du passé.

Ce récit ne nous apprend finalement pas grand chose de nouveau (et ce sont quelque part ses limites) sur cette nouvelle Chine mais avec son dessin naïf, …En Chine entend certainement nous montrer le chemin qu’il faut essayer de ne pas suivre. Du coup, cela m’étonnerait que le livre soit distribué dans les agences de voyage…

(Récit complet – Atrabile)