Deux mois quasi jour pour jour après son passage au Garage Mu (pour un concert mémorable dont je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire le report), Komplikations revenait donc à Paris (Cirque Electrique). Évidemment, nous étions nombreux à nous être donnés rendez-vous.

La date est d’ailleurs complète.

La soirée débute avec Pour X Raisons. Malheureusement, le temps de profiter des amis et de la sympathique terrasse du Cirque Electrique, voilà que je loupe leur set. Je me rattrape sur l’expo qui les accompagne et qui présente la vision d’artistes réinterprétant le X. Sympa.

Pour moi, les concerts commencent donc avec Taulard que je vois pour la première fois mais qui bénéficie déjà d’un gros bouche à oreille. La salle est pleine à craquer. Il en faudra plus pour les impressionner. Sur scène, le groupe de Grenoble semble décontracté, arborant un « no look » Adidas à toutes épreuves. Et il faut dire que sous leurs faux airs simplistes et minimalistes, les jeunes gars maîtrisent leur sujet à la perfection. Un synthé 80’s pour les mélodies (passant dans une pédale qui rendra l’âme au milieu du set), une section rythmique basse-batterie assez minimale, et un chant en français assez marquant. Le tout est soutenu par une belle technique au service de morceaux simples et efficaces. La recette est maline. Taulard nous ramène dans les années 80, quand Taxi Girl et Indochine passaient au Top 50. Cette attitude faussement naïve, ces mélodies un peu enjouées, et cette incroyable facilité à pondre des morceaux qui te restent dans le crâne (deux jours après j’ai encore leurs titres dans la tête). Le groupe a beau la jouer monotone, lui donnant un côté vaguement new-wave/postpunk, c’est bien une machine à tubes que j’ai vue ce soir là. Et le public ne dira pas le contraire. Les refrains sont repris en chœurs, les gens dansent, la salle est conquise.
Pas sûr d’être vraiment dans la cible mais je dois avouer que je me fais parfois embarqué par leurs mélodies enfantines, par le charisme du chanteur, et la joie communicative du bassiste, mais je n’arrive pas à me sortir de la tête que tout cela est très proche des codes de la chanson française, et que je vois bien ces gars évolués rapidement vers des choses encore plus grand public… j’espère que je me trompe.

Peu importe, le temps de parler politique (nous sommes à la veille du premier tour), de regarder les disques de Jungle Khol, et de savoir si « t’as aimé Taulard toi ? », que nos chouchous de Komplikations sont déjà sur scène pour un rapide sound check.

Nous voilà partis pour un excellent set de synthpunk, dansant et tendu comme eux seuls savent le faire. De « Sans sentiment » à la reprise « N’importe quel soir » en passant par le plus sombre « To Pass Away », le trio reprend à peu près le set joué au Garage Mu. Devant, le public danse, pogote, l’ambiance est bonne, très bonne. Le son est moins bon que lors de leur précédent passage, mais les titres font toujours leur boulot, et on ne boude pas notre plaisir. Sur scène c’est la grande classe, comme d’habitude. On souffre un peu de la comparaison avec leur concert au Garage Mu, tout simplement énorme, mais peu importe, si le groupe semble un peu en dessous ce coup-ci, il n’en reste pas moins excitant. « Stress », « On The Run », tout le dernier maxi y passe, et les genoux du public montent en cadence. Il fait chaud, très chaud, trop chaud, mais Komplikations impose son rythme. Rien à redire, le concert est à la hauteur de nos attentes, et finit cette soirée pré-électorale comme il le faut. Pleine de rage et de joie mêlée. Merci les gars, you’re the best !

photo : [mg]