18 ans après, l’ex-lieutenant Eddie Gunderson a accepté de revenir sur la Terre de Holman et d’y emmener Dorothy et Sam Wingate, un couple de scientifiques. Il leur servira de guide et les emmènera assister à une cérémonie de la renaissance des Nildorors, une espèce intelligente endémique de cette planète, qu’aucun être humain n’a encore eu l’occasion de voir. Mais la Terre de Holman a bien changé. Depuis la décolonisation, elle est redevenue Belzagor et la planète a été rendue à ses 2 espèces intelligentes : les Nildorors et les Sulidorors qui vivent ensemble en totale harmonie depuis le départ des colons humains. Et ce retour sur la planète va confronter Eddie à quelques mauvais souvenirs : l’Affaire du barrage Monroe, dont il était responsable, qui l’obligea à quitter la Terre de Holman mais aussi Serena qui, malgré leur histoire d’amour, n’avait pu se résoudre à quitter sa ferme et ses animaux. Sans oublier Kurtz qu’il avait envoyé en prison en dénonçant son trafic illégal de venin de naggiar aux propriétés miraculeuses…

Vous commencez à connaître mon petit faible pour la science-fiction…Je n’ai donc bien entendu pas pu résister à la couverture (qui rappelle de façon -un peu trop- appuyée, avec la police de caractère du titre et les 2 Nildorors déambulant dans cette forêt mystérieuse, les séries de space opera de Léo, comme Aldébaran ou Survivants) de ce Retour sur Belzagor et à ses promesses d’exploration pleine de surprises et de découvertes imprévisibles. Et de ce point de vue là, on n’est pas déçus puisque Thirault nous fait découvrir dans ce premier épisode ces étranges Nildorors, sortes d’éléphants doués d’une grande intelligence dont les mœurs et les traditions sont emprunts de respect, de sagesse et de sérénité. Des Nildorors qui ont été bien entendu méprisés, tout comme les Sulidorors, par les humains lorsqu’ils ont colonisé la planète. Un élément « politique » qui est l’autre atout du diptyque. Retour sur Belzagor est en fait l’adaptation de Les profondeurs de la Terre, roman écrit par l’américain Silverberg au début des années 70 en pleine période de décolonisation. Pas étonnant donc que le retour du personnage principal sur cette planète soit l’occasion, après des années d’ a prioris et de condescendance envers les Nildorors, qu’il a toujours considérés comme des sauvages, d’aller au-delà des apparences et de prendre la peine, enfin, de connaître cette espèce qui lui reste étrangère alors qu’il l’a pourtant côtoyée pendant de nombreuses années.

Tolérance, acceptation de la différence, infamie de la colonisation : il y a beaucoup d’ondes positives dans ce diptyque bien plaisant parfaitement mis en images par Zuccheri qui fait ici preuve d’une belle inventivité graphique (notamment pour imaginer ces Nildorors et Sulidorors) à qui l’on reprochera tout de même des rapports entre personnages un brin simplistes et une sensualité pas vraiment nécessaire.

(Diptyque – Les Humanoïdes Associés)