Et si les occidentaux se mettaient à percevoir le monde à la façon des indiens Jivaros Achuar d’Amazonie? En considérant par exemple les animaux et les plantes comme leurs égaux car ils sont aussi dotés d’un esprit. Ou en se contentant de n’utiliser ou de prélever que ce dont ils ont besoin pour vivre dans la nature.

C’est ce qu’Alessandro Pignocchi a imaginé dans son Petit traité d’écologie sauvage, prolongement décalé et humoristique de l’excellent Anent, dans lequel il racontait son séjour chez les Jivaros. Les valeurs habituelles sont donc inversées dans les différentes histoires courtes proposées ici: un premier ministre reporte une réunion importante car il lui faut manger le hérisson que son chauffeur vient d’écraser pour permettre à son âme de retourner auprès de son esprit protecteur; une responsable politique (qui ressemble beaucoup à Angela Merkel…) annonce que suite à un référendum c’est désormais le troc qui sera désormais accepté comme le seul moyen d’échange officiel; un étudiant qui demande à sa mère de lui signer sa convention de stage chez les Pnan de Bornéo, une tribu nomade…

Vous l’avez compris, Pignocchi a ici choisi l’absurde pour faire passer son message écologique et nous obliger à voir le monde différemment, en abandonnant pendant quelques instants nos outils habituels de lecture du monde. Original, souvent drôle et joliment dessiné (un trait vivant rehaussé d’aquarelles), ce Petit traité d’écologie sauvage ne manquera pas d’interpeller! De là à changer les mentalités…

(Recueil d’histoires courtes – Steinkis)