Comme promis, Beatriz Brennan revient rendre visite à celui qui se fait appeler Nobody et qui est incarcéré dans le pénitencier du Montana, accusé de multiples meurtres. Elle revient l’écouter raconter comment il en est arrivé là et tenter de percer son mystère. Après lui avoir raconté comment il s’est fait enrôler, malgré lui (« ils me tenaient par les couilles »), dans le Cointelpro, un programme d’infiltration des mouvements politiques dissidents imaginé par Hoover, cette fois, il lui parle de sa formation et de ses premiers pas en tant qu’agent du FBI et de sa seconde mission d’infiltration au sein des Napalm’s Soldiers, un gang de bikers nazi ultra violent, proche des Hell’s Angels, qui braquent des banques et vendent de la dope…

La vérité. Comment savoir qui dit la vérité? Beatriz Brennan ne perd-elle pas son temps à écouter ce gars tatoué de 57 ans qui dit mériter la peine de mort pour les meurtres qu’il a commis? Le fait que le FBI commence à s’inquiéter de ses visites lui ferait plutôt penser que non et qu’il y a des choses que Nobody sait qui pourraient mettre en cause le Bureau…

Un second tome toujours aussi efficace, dans l’exacte lignée de son prédécesseur. De Metter a trouvé un modus operandi narratif et graphique qui fonctionne parfaitement et il s’y tient. Pour, peut-être, sauver sa tête, Nobody n’a qu’une option: se raconter et expliquer à cette psychologue comment il en est arrivé là. Cela permet, habilement, à De Metter de nous plonger dans la vie extra-ordinaire de cet homme obligé de jouer des rôles pour sauver sa peau mais aussi dans les égouts de l’Amérique et ses différents programmes, comme le Cointelpro mis en place par le FBI pour surveiller ou carrément mettre hors d’état de nuire des groupes ou gangs qu’ils jugent dangereux pour la nation. Que ce soit objectivement le cas (pour ces Hell’s Angels, cela semble clair) ou pas (le « dossier » Lannister, qui aboutit à la mort de 3 jeunes gens, relevait davantage de la surveillance politique). Et, enfin, dans la période des années 70: la guerre du Vietnam, le mouvement Peace and Love, le combat des droits civiques, la mort de Luther King…Autant de niveaux narratifs qui rendent cette série tout simplement passionnante, aussi addictive que ses cousines télé. Le dessin y est aussi pour beaucoup: autant par choix que par obligation (cette première saison comprendra 4 épisodes de plus de 70 pages et plusieurs saisons sont prévues…), De Metter a opté pour un trait spontané qui va à l’essentiel (l’encrage est sommaire et ne s’embarrasse pas de précision), comme si les événements étaient croqués sur le vif. Ce qui rend le récit encore plus vivant. Inspirée de faits réels, voilà une série à ne pas manquer!

(Série découpée en saisons – Noctambule)