Rescapé des années 90, ce groupe grenoblois créée en 1992 sort aujourd’hui son cinquième album. Et de l’eau est passée sous les ponts. Quand Bastärd apprenait à tout le monde à faire du post-rock, et que Tortoise relançait la mode de Steve Reich, les grenoblois d’Owun évoluaient eux dans le noise-hardcore. Mais aujourd’hui, c’est bien de toutes ces influences répétitives et plus abstraites que le groupe se nourri pour nous livrer un album riche et complexe. Une sorte de longue fresque flirtant dans ces meilleurs moments avec le « radiant, discharged… » de Bästard, mais pouvant aussi se perdre dans la répétition et les nappes de notes, dans une sorte de transe kraut, avant d’exploser avec une réminiscence noise. Ne cherchez pas la mélodie facile ici, mais une certaine énergie rock, presque indus, persiste dans ces déambulations, qui sont loin d’être de tout repos. Un album qui réservera quelques trésors aux plus aventuriers d’entre vous.

(Album – [realforests])