Pour leur premier album, les parisiens de Psychotic Monks ne font pas les choses à moitié. Ceux qui ont déjà croisé leur route (« Faces To » et « IV ») le savent bien. Partagé en quatre chapitres, ce « Silence Slowly and Madly Shines » tient toutes ses promesses, et place le groupe dans les plus hautes sphères du rock bruyant et psychédélique. Maniant à la perfection les morceaux furieux – wanna be damned (punk song) – autant que les dérives planantes – when i feel– le groupe propose un album riche et complexe, nous renvoyant régulièrement aux meilleurs souvenirs des sixties et des seventies. Un équilibre parfait entre chaos heavy et rêverie floydienne. Jamais lisses, ces moines seraient plutôt tourmentés. Sculptant le bruit comme une matière précieuse, bouillonnant comme un groupe noise, planant comme un trip d’héroïne. On pensera bien évidemment aux Black Angels, au BRMC, et à tous ces groupes groupes tournés vers le passé. Mais il faut avouer que les frenchies possèdent une furie démoniaque qui, quand elle se révèle, mets tous les cousins à l’amende, et sort heureusement le groupe du trop calibré. Ce qui ne les empêches pas de briser des cœurs quand ils laissent sortir leurs doutes et leur mélancolie. Un album sombre, sales, heavy à souhait, tourmenté et particulièrement vivant. Classe.

(Album – Alter K)