A l’issue de la guerre meurtrière qui a opposé Eleusis, le monde des surfaces, et les Enfers, le monde souterrain, 13 ans auparavant, Déméter a scellé le passage magique qui permettait de communiquer entre les 2 royaumes. La paix est donc revenue et les habitants d’Éleusis vivent heureux, dans l’opulence même, mais la colère et la rancœur habitent toujours les cœurs de ceux qui vivent coincés, sans plus pouvoir acheter fruits et légumes, sous terre. Alors quand un soldat infernal refait surface à Éleusis et kidnappe Perséphone, la fille adoptive de Déméter, avant de l’emmener aux Enfers, nul n’est vraiment surpris…
N’y allons pas par 4 chemins : on a été déçus par Perséphone. Ayant beaucoup aimé Ni Dieu ni maître et Vaincus mais vivants, on avait bien envie de retrouver le travail de Loïc Locatelli-Kournwsky. Mais pour les 2 récits que l’on vient de citer, le dessinateur avait en fait mis en images des scénarios de Le Roy qui y avait insufflé ses idéaux libertaires. Alors que ce Perséphone est un travail d’auteur complet et on y découvre en fait l’univers vraiment personnel de Locatelli-Kournwsky. Un univers très influencé par le manga et le film d’animation japonais (l’auteur réside d’ailleurs au Japon). Rien de rédhibitoire jusque là même si ce genre graphique n’est pas vraiment notre tasse de thé et que certaines expressions et attitudes des personnages s’adressent ici davantage aux adolescents qu’à un public adulte. Non, c’est surtout au niveau du scénario que le bât blesse. Manquant vraiment de consistance et de profondeur, il ne donne jamais la chance au lecteur de vraiment rentrer dans l’histoire. Et, du coup, cette relecture du mythe grec de Déméter et Perséphone nous laisse de marbre.

(Récit complet – Delcourt)