Plusieurs guerres terribles l’ayant totalement ravagé et ses réserves naturelles étant presque épuisées, les conditions de vie sur Terre étaient devenues critiques et les hautes autorités de la planète firent construire un gigantesque vaisseau qui emporta 9800 personnes triées sur le volet pour qu’elles s’installent sur la planète Véra, qui possédait une atmosphère proche de celle de la Terre, afin d’assurer la pérennité de l’espèce humaine. 403 ans plus tard, le vaisseau est arrivé à destination et son état-major a envoyé une expédition en reconnaissance sur Véra pour vérifier que ses habitants peuvent bel et bien s’y installer. Mais les étranges découvertes que cette expédition va faire ne sont pas très rassurantes : les habitants de Véra semblent, par exemple, s’être amusés à reconstituer des endroits célèbres de la Terre, comme les gratte-ciels de Manhattan ou le mont Saint-Michel avant d’abandonner les lieux…Et sur le vaisseau mère, ce n’est pas mieux : des morts très suspectes commencent à faire leur apparition et l’équipe d’ingénieurs découvre également que les intrus qui se sont introduits, dans le plus grand secret, sur Centaurus 20 ans auparavant sont parvenus à pénétrer son système informatique…
Centaurus est l’un des gros succès bd du moment. Et ce n’est pas étonnant : si la série a un air de déjà vu (les auteurs creusent ici un sillon qui leur est familier), le savoir faire du duo de scénaristes aux commandes, Léo et Rodolphe, est indéniable. Et dans ce tome 3 haletant on va effectivement de surprises en rebondissements ! Entre les découvertes improbables faites par la mission, les problèmes de communication entre le vaisseau mère et Véra, les meurtres inexpliqués sur le vaisseau ou les problèmes de piratage informatique, on n’a pas le temps de s’ennuyer ne serait-ce qu’une seconde tout au long de ces 48 pages que l’on dévore d’une traite. Et on n’a pas encore parlé (un incontournable du genre!) des diverses attaques d’animaux bizarroïdes (des sortes de langoustes géantes, une tique énorme particulièrement agressive…) dont June, Joy, Bram ou maître Pierre sont victimes sur Véra…
Léo et Rodolphe mènent ce récit avec une grande habileté, alternant entre scènes sur le vaisseau et exploration de la planète, éclairant quelques zones d’ombre pour nous permettre d’avancer dans Centaurus tout en veillant à ne pas trop en révéler sur le mystère Véra ou les motivations des intrus ayant pénétré sur le vaisseau. Et le tout est toujours mis en images par Janjetov et son dessin au trait un peu figé, c’est vrai, mais qui a aussi ce côté inquiétant parfaitement adapté à ce genre de récit. Bref, de la science-fiction classique mais diablement efficace.

(Série composée de cycles de 5 tomes – Delcourt)