Last Night ©Raw Journey

Warum Joe, Last Night, Asphalt, Police Control, Colombey
(Station Mu, Gare des Mines, Aubervilliers)

 

Vicious Soul nous a concocté une belle affiche pour la quatrième édition de ses soirées Punk à Paris. Warum Joe et Last Night réunis sur une même scène suffisent à nous donner envie de trainer nos guêtres du côté d’Aubervilliers. Et il faut avouer que nous rendre à la Station MU / Gare des mines, sous un beau soleil de juin, donne à ce début de week-end de faux airs de vacances.

Quand j’arrive, Téléphone, euh… Police Control, a finit son concert. Pas certain que leur vision édulcorée du punk m’aurait convaincu mais je loupe l’occasion de me faire ma propre idée. une prochaine fois.

Par contre, les sales gosses de Last Night sont déjà sur scène et ne vont pas tarder à commencer leur set. Le soleil est encore bien présent, perturbant les oiseaux de nuit que nous sommes, mais les parisiens vont envoyer leurs morceaux pied au plancher, comme à leur habitude, et sans se soucier de l’heure. L’énergie du hardcore et du garage réunis vont faire des étincelles. Le son est bon, et Pat va faire le show ou le chaud, c’est au choix… ces mecs sont des poseurs nés, mais c’est tellement bon enfant, qu’ils m’embarquent avec eux sans sourciller. Du plaisir à l’état pur. Les morceaux sont toujours plus bordéliques, et confus que sur disques, leur donnant une gueule plus hardcore que rock’n’roll ou post-punk, mais ça fonctionne. Dans cette configuration (à trois guitares), le synthé n’a plus beaucoup de place, et on ne l’entend d’ailleurs quasiment pas ce soir, malgré les efforts de Jonathan. Pat pose la guitare, vient dans le public, tient la pose, gigote… on sent que ces gars s’amusent, et on partage ça avec eux. Le concert est bon, très bon. Meilleur que celui de la release party de l’album cet hiver (pas mal, mais moins efficace). De nombreux morceaux y passent, du dernier album mais aussi des trucs plus anciens. Je suis toujours un peu frustré de ne pas retrouver l’aspect post-punk de certains titres de « Friendly Fires », les morceaux plus posés leur allant à ravir, mais peu importe, Last Night assure ce soir, et vient d’ouvrir les festivités avec classe et sauvagerie.

Asphalt + ambiance ©Raw Journey

Les toulousains d’Asphalt vont prendre le relais en toute décontraction. Contrairement à Last Night, le soleil qui tarde à se coucher leur va à ravir. Leur son est plus garage, moins de distro, les mélodies plus joyeuses. Et la mixité des chants fonctionne à merveille. Ils chantent d’ailleurs presque tous, selon les morceaux, donnant une belle diversité au set… parfois plus punk 77, parfois plus garage ou rock’n’roll français. Par moment ils me rappellent un peu les Rezillos. La fille a vraiment une super voix. Côté musique, les mélodies sont simples mais efficaces (à la manière des groupes punk de 77). Le concert se déroule dans la bonne humeur et malgré quelques titres moins convaincants (je suis moins sensible à leurs essaies en français), Asphalt me laisse un très bon souvenir.

Warum Joe ©RawJourney

C’est ensuite aux mythique Warum Joe de monter sur scène. C’est rare de les voir jouer si tard, en tête d’affiche. Ça leur va pourtant tellement bien. Pas de chichis, la boite à rythme démarre et nous voilà partie pour le meilleur concert de la soirée. Evidemment, ce sont toujours les tubes de ma jeunesse qui me font le plus d’effet, et ce soir nous allons être servis, même si, comme toujours, il me manquera encore quelques petites pépites des années 80. En attendant, l’ambiance va vite monter, et être au top. Des habituels fans aux nouveaux venus, tout le monde semble rentrer dans les refrains du groupe. Ça bouge, ça vole, ça chante. On y est. Datcha, Les Colonels de Bogota, Gesellschaft, ou encore Peste Noire. Je suis aux anges. Sur scène, pas d’esbroufe, Warum Joe ont la classe, sans masque, et avec quelques cheveux blancs. Ces mecs restent un exemple pour tous. Des précurseurs en 1980, toujours là aujourd’hui, sans buzz et sans frime. En toute simplicité, sans uniforme, de bars en concerts punk… les mecs vous assurez.

La nuit finira plus tranquillement avec Colombey, et son délire kitch-cold que je ne verrais que de loin, occupé à refaire le monde (ou la soirée) avec les potos.

Merci Vicious Soul pour cette belle soirée.

 

photos : Raw Journey