Il y a des intuitions qui ne trompent pas. Un groupe originaire de Nantes (et Tours), le logo Africantape sur le disque… on a beau nous la jouer ensoleillé, torses bronzés et coucougnettes au centre, c’est bien du côté des groupes instrumentaux complexes qu’il faut se tourner. Et malheureusement, en ce moment, les musiciens qui n’arrivent pas à déconnecter de leur cortex deux secondes n’ont pas mes faveurs. Et pourtant, quand le premier morceau démarre, ces sons de guitare dissonants, cette batterie puissante… je ne peux résister. C’est énorme et brut comme je l’aime. Direct, les gars m’interpellent. Et il y a cette énergie communicative, imparable. Je comprends maintenant d’où vient cette soudaine envie de danser en short rouge du mec de la pochette. Est-il d’ailleurs besoin de rappeler qu’on a déjà rencontré ces gars en d’autres lieux ? En train de brûler aux abords d’une usine occupée pour JB (batterie), en commandant serpent pour Franck (guitare), puis dans une chambre d’hôtel (n°204) pour Mric (guitare). Mais ça tout le monde le sait, même si ce n’est pas noté sur le disque. Bref, ces mecs ont des heures de vols, et ça s’entend. Le groupe a beau envoyer, c’est bien de travail de précision dont nous parlons. Mais on a beau baigner dans la dissonance et la complexité math-rock, leurs références aux seventees, leurs envolées héroïques (à deux doigts du hard rock), et cette énergie que ne renierait pas Marvin, rendent cet album particulièrement excitant, et presque digeste. « Rabbit Krueger » ou « Cheval Telescopique » deviennent de véritables machine à faire danser. Alors, cet album a beau devenir moins touchant sur sa fin, s’exprimant alors plus à notre cortex, ses parties les plus tubesques suffisent à accepter son côté trop technique. Une belle réussite qui redonne quelques couleurs groovy à un style trop souvent prise de tête.

(album – africantape)