Ce que j’aime bien chez Laetitia Fournier, aka Raymonde Howard, c’est l’aspect bricolé qui ressort de ses disques. Cette impression d’être invitée chez elle. Une guitare en boucle, à la rigueur un rythme en boite, et son chant pour enrober le tout. Rien de plus. Comme à la maison. Mais voilà, la miss sait y faire et nous pond, comme à son habitude, de jolies comptines indie, à la limite du tube, avec ce background punk venant de ses années à écumer les bars avec son groupe noisy. Après avoir ouvert son style pour le B.O. « Le Lit » (plus produit), Laetitia revient à cet esprit démo minimaliste (sans rien de péjoratif) avec ce troisième album. Et cela lui va toujours à ravir. Ceux qui, comme nous, la suivent depuis ses premiers pas, ne seront pas surpris : Ce S.W.E.A.T. s’inscrit dans la suite logique de ses précédents travaux. Dry de PJ Harvey posé sur la platine, une photo jaunie de Cat Power datant de la fin des années 90 trainant sur le bureau, et une place de concert pour Scout Niblett collée sur le frigo. Lætitia continue de nous faire danser dans son univers, en s’essayant même au français sur « Punktuality ». On notera aussi un morceau nommé « Angry Ballerina », référence à l’asso/label du même nom qui agite sa ville de St Étienne ? Évidemment, l’exercice solo à ses limites et on sent que les albums se ressemblent. Mais peu importe, les chansons sont bonnes et Lætitia toujours inspirée, et c’est tout ce qui nous importe.

(Album –  We Are Unique)