Popular Music: derrière ce titre en apparence plein d’ironie (que l’on retrouve également dans la croix que forment le nom du groupe et le titre de l’album sur la pochette ou les paroles), il y a tout de même un fond de vérité. Avec ces textes qui s’en prennent à l’establishment, à la société de consommation, aux politiciens, à l’ultralibéralisme ou au repli sur soi du Brexit, Life veut faire entendre la voix du peuple, celle de la classe ouvrière anglaise. Difficile, du coup, d’imaginer un meilleur vecteur que le punk-rock pour crier cette colère et exprimer ce dégoût. Et un autre chant (il respire la conviction!) que ceux des deux demi-frères Mez Green et Mick Sanders (qui se charge aussi de la guitare).
En même temps, musicalement, il n’est pas facile d’être très inventif quand on marche ainsi sur les traces des glorieux aînés que furent les Clash, les Buzzcocks ou les Sex Pistols. Mais derrière les morceaux énervés attendus (mais tout de même inspirés) comme Popular Music, Electricity ou Ba Ba Ba, Life sait aussi varier les plaisirs en se faisant plus mélodique et pop ici, plus garage là, post-punk ailleurs, voire en prenant des accents noise-rock très agréables sur Euromillions (qui vilipende le Brexit), le meilleur morceau de Popular Music, avec ses guitares dissonantes, placé à la toute fin du cd. Une belle découverte que ce premier album.

(Album – V2)