Eloignez les enfants ! Si l’on en juge par le squelette aux bras et jambes multiples de la pochette, Dead Cross ne semble pas nous vouloir que du bien ! Un rapide coup d’œil au line up, Dave Lombardo (Slayer, Fantomas), Justin Pearson (Retox, The Locust), Mike Crain (Retox), Mike Patton (faut-il encore le présenter ?), confirme que l’on va avoir droit à du lourd. 10 morceaux balancés en 27 minutes : le punk-hardcore de ce « super-groupe » ne fait pas dans la dentelle. On n’est pas très friands du genre habituellement, souvent trop linéaire et monolithique et qui a tendance à proposer un chant très basique, hurlé la plupart du temps, éprouvant à la longue. Mais là l’album a des atouts à faire valoir. Car si Seizure and Resist et Idiopathic (dans sa première partie), qui ouvrent l’album, sont du genre brutaux et sans concessions, menés par une rythmique frénétique, Dead Cross fait en effet ensuite preuve d’une vraie inventivité. Plans de guitare inspirés qui s’enchaînent à la vitesse de la lumière, breaks improbables, moments plus calmes et surprenants: les morceaux sont variés et assez imprévisibles car ils n’hésitent pas à prendre régulièrement leurs distances avec les codes du genre, Divine Death lorgnant par exemple davantage vers le punk-noise, Gag Reflex aurait pu figurer sur un album de Faith No More et il y a Bela Lugosi’s Dead, reprise plutôt inattendue de Bauhaus, flirtant, pour le coup, avec le rock gothique, plus lent, sombre et flippant. Un morceau excellent dont la réussite doit beaucoup à Mike Patton. Tout comme l’ensemble de l’album d’ailleurs. Capable de passer d’un genre à l’autre, et même d’une humeur à l’autre en une fraction de seconde, sa créativité impressionne tout au long de ces 10 morceaux ! Chuchotements inquiétants, grognements, parties mélodiques, chœurs, hurlements : on savait que ce gars-là était un véritable caméléon vocal, capable de tout mais on reste tout de même ici scotché par sa performance. Et cela vous change un album !

(Album – Ipecac)