On aurait pu croire que le départ de John Cummings (l’un des guitaristes) fin 2015 aurait freiné la créativité du groupe. Il n’en est visiblement rien puisqu’après Rave Tapes (sorti en 2014) et Atomic (2016), bande son du film documentaire du même nom, Mogwaï remet déjà le couvert avec ce Every Country’s Sun, le 9ème des écossais (on ne compte bien sûr pas les EPs, live et autres compilations…). Qui confirme ce que l’on a constaté depuis quelque temps déjà, à savoir que le temps des guitares bruyantes et agressives est (pour l’instant) révolu. Les 6 cordes se font donc une nouvelle fois discrètes, opérant la plupart du temps en arpèges tranquilles (à part sur la fin de l’album, avec les plus enlevés et rageurs Don’t Believe the Fife et Old Poisons). Pour autant, Every Country ‘s Sun ne poursuit pas la parenthèse synthé ouverte avec Rave Tapes. Les synthés sont toujours là, bien sûr, mais ne sont plus l’élément central des morceaux. Du coup, c’est la basse qui revient souvent sur le devant de la scène sur cet album de post-rock toujours aussi mélancolique mais plus calme et apaisé qui mêle probablement le titre le plus pop que le groupe ait composé à ce jour (Party in the Dark), 2 ou 3 morceaux façon B.O. de Mogwaï, 1 ou 2 moments énervés, quelques passages de rock psyché et le très bon single, mélancolique à souhait, Coolverine. Un album plaisant (on y retrouve le sens, indéniable, de la composition du groupe) même si Every Country’s Sun, qui manque de moments forts, n’est clairement pas le plus enthousiasmant de sa discographie.

(Album – Rock Action)