Il ne reste plus beaucoup de menteurs des débuts. En effet, après Julian, en 2014, c’est Aaron qui a décidé de quitter le navire juste après la tournée de Mess, laissant Angus, le menteur en chef, seul à la barre. Après une période de doutes, l’australien a finalement décidé de continuer Liars et de travailler à un nouvel album, TFCF, qui sort le 23 août. Le groupe était de passage au Luxembourg en ce mois d’août et on en a profité pour faire le point avec Angus quelques heures avant un très bon concert, intense comme il faut, parfait mélange d’énergie punk et de machines à faire danser. On a parlé de la nature, des oiseaux, du Bush australien, et bien sûr d’Aaron…

 

Vous avez déjà commencé la tournée alors que l’album ne sort que dans 2 semaines, le 23 août. Tu étais pressé de jouer les nouveaux morceaux sur scène ?
En fait, je devais venir en Europe pour faire de la promo pour TFCF et donc on en a profité pour caler quelques dates autour. Du coup, ce n’est pas une tournée super intense. Je passe pas mal de temps à faire des interviews et on fait aussi quelques concerts.

Je crois que vous avez joué 2 concerts avant ce soir…
Oui, on a joué à Londres et en Croatie.

Comment ça s’est passé alors ?
C’était super. On s’est bien amusés.

Je te pose la question car le live, c’est un peu le moment de vérité pour les morceaux. Le moment où tu vois s’ils fonctionnent bien sur scène ou pas.
C’est vrai. Mais pour être honnête, parce que l’album n’est pas encore sorti, on ne joue pas encore beaucoup de morceaux de TFCF. On en joue 3, je crois. Mais c’est vrai que c’était intéressant de voir comment ces morceaux sortent en live. Mais ce qui est également intéressant, c’est que l’on joue aussi des trucs plus vieux, que l’on n’a jamais joué sur scène auparavant. Des morceaux de vieux albums qui étaient trop durs à jouer à l’époque et que l’on peut jouer maintenant.

Pourquoi c’est devenu possible maintenant ?
Il y a eu des progrès technologiques qui nous aident bien mais aussi une plus grande ouverture sur ces vieux morceaux. Avant, quand on en parlait, on hésitait mais on ne le faisait pas. Et là on s’est dit que certains vieux morceaux méritaient qu’on les ressorte et qu’on les ramène à la vie.

Tu prévois, j’imagine, d’ajouter d’autres nouveaux morceaux par la suite.
Oui, oui. C’est exactement ça : on ajoutera d’autres morceaux du nouvel album au fur et à mesure que l’on avance dans la tournée.

Et ces nouveaux morceaux, comment ressortent-ils sur scène ? Ils sonnent comme tu t’attendais à ce qu’ils sonnent ?
Ceux que l’on joue maintenant, oui. Ils correspondent à ce que j’attendais. Par contre, il y en a 2 ou 3 que l’on a essayés qui nous ont posé des soucis… Parce que quand je les écris, j’ai essayé d’écrire hors du temps, sans me soucier de tempo et de mesures. Et il y a des morceaux qui sont plus hors du temps que d’autres. Ce sont ces morceaux qui sont délicats à jouer sur scène. Ils sonnent bizarres. Et on est encore en train de se demander si on va réussir à les faire fonctionner sur scène.

Quels sont les 3 nouveaux morceaux que vous jouez ?
Cred Woes, un morceau qui vient de sortir récemment, Coins In My Caged Fist et No Tree No Branch. Ce dernier morceau nous pose déjà des problèmes en fait. A cause du tempo.

C’est vrai ?
En fait, quand j’ai bossé sur ces morceaux, je travaillais dans la forêt et j’ai écouté ce qui m’entourait : les arbres qui bougeaient, les oiseaux qui volaient, l’eau qui ruisselait. Ces sons et ces rythmes surgissent du temps au même moment, ensemble. Je voulais créer une musique plus fluide, plus organique, comme ce que j’avais autour de moi et cela pose des soucis aux gens qui n’étaient pas là à ce moment-là quand je leur fais écouter ce que j’ai composé. Déjà au moment du mixage et de la post-production, les mecs me demandaient si tel ou tel truc ne devrait pas être en mesure, dans le tempo. Et je leur disais que je savais que cela devrait être logiquement en mesure mais que je n’avais pas envie que ce soit en mesure.

Et du coup tu leur parlais des oiseaux, des arbres, de l’eau pour leur faire comprendre…
Exactement (il rit)

J’ai vu la fin des balances tout à l’heure et j’ai vu les 2 gars qui vont t’accompagner sur la tournée. Tu peux nous les présenter ?
Bien sûr. Ce sont des frères jumeaux qui viennent de New-York, Blaze (NDR : ou Blaise…) et Reed.

Tu n’avais jamais joué avec eux avant ?
Pas avant de les rencontrer il y a quelques mois. Je suis allé à New-York pour répéter pendant un mois avec eux. J’ai vraiment été impressionné. La première fois que l’on est allé en studio, on a joué 20 morceaux de Liars sans s’arrêter, dont des vraiment vieux morceaux, comme je te le disais il y a quelques minutes. Et cela ne leur a posé aucun souci. Ce sont de super musiciens qui m’offrent beaucoup plus de possibilités car ils semblent capables de se dépatouiller avec tout ce que je leur demande.

Oui, j’ai vu que le guitariste joue aussi de la basse…
(il me coupe) Du synthé aussi. Il chante. Il est vraiment talentueux.

Du coup, ces 2 premiers concerts étaient les 2 premiers sans Aaron. Ça a dû te faire bizarre d’être sur scène sans lui à tes côtés.
Un peu, c’est sûr. Même si j’avais déjà, en fait, fait des concerts sans Aaron dans le passé. A l’époque cela avait été bizarre. Là, j’ai quand même eu du temps pour me faire à son absence, à me préparer mentalement. Et ces 2 gars me font me sentir vraiment confiants sur scène. Du coup, il n’y a pas eu trop de stress. Je sais que je peux me focaliser sur ce que j’ai à faire car ces 2 gars se chargent de tout le reste !

Je dois avouer avoir été surpris d’apprendre que vous aviez décidé de vous séparer avec Aaron. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?
Notre relation créatrice était moins une collaboration qu’un apport critique de la part d’Aaron. J’ai toujours écrit les chansons de mon côté, de toutes façons. Le seul truc qui a changé, c’est qu’Aaron ne voulait plus être la personne à qui j’envoyais ces chansons pour avoir son avis. C’est tout. Il voulait avoir un enfant et faire d’autres choses différentes et donc il a préféré me laisser gérer Liars tout seul. Ça a été une situation dure à gérer pour moi mais mon label (NDR: Mute) m’a beaucoup soutenu et Daniel Miller m’a dit « tu dois continuer à faire ce que tu fais avec Liars ».

Tu as douté à un moment ?
Oui, je me suis posé la question si je devais continuer ou arrêter. Pendant une longue période, je n’étais pas sûr de ce qui allait se passer avec Liars. Puis j’ai commencé à travailler sur de nouveaux morceaux et plus j’écrivais plus j’appréciais finalement le fait de ne pas avoir à être jugé, à entendre un avis sur ce que j’avais fait… Avant j’envoyais pleins de trucs à Aaron et il me disait « j’aime bien celle-ci, je n’aime pas celle-là » ou ce genre de choses. Maintenant, c’est juste ce que moi j’aime. C’est intéressant, en fait, parce que maintenant cela vient plus des tripes. C’est moi qui décide si cela fonctionne ou pas. C’est libérateur en quelque sorte.

Quand t-a-t-il annoncé qu’il quittait Liars ?
En fait, il m’a annoncé sa décision à la fin de la tournée pour Mess (NDR: leur précédent album). Juste avant que je ne commence à réfléchir à ce nouvel album. Cela a été un grand choc pour moi. On était en train de travailler ensemble sur une bande originale de film et il m’a annoncé ce truc (NDR: comme s’il ne pouvait pas prononcer le mot). Cela a vraiment été une grosse pilule à avaler ! Mais en fin de compte, c’est ce qui avait de mieux pour nous deux. Et nous sommes restés vraiment bons amis. Notre relation créative avait commencé à perdre contact et plutôt que de la forcer à continuer il était plus judicieux d’y mettre fin.

Tu crois qu’il aurait voulu avoir plus de responsabilités dans le groupe ?
Je me suis aussi dit que cela faisait partie du truc. Du coup, comme j’avais écrit les derniers albums, je lui ai dit « c’est toi qui écris le prochain ». Mais cela ne l’intéressait pas. Et je ne pouvais clairement pas le forcer à le faire… Et j’adore faire de la musique et enregistrer des albums. Du coup, il n’y avait qu’une chose à faire : accepter sa décision.

C’est à ce moment-là que tu as décidé de retourner en Australie ?
J’étais déjà en Australie quand il a pris sa décision. Aaron vit à Berlin et il y avait aussi cette tyrannie de la distance. Bon, on vit dans une ère moderne et on peut clairement communiquer d’un endroit du globe avec un autre mais cet espace entre nous a joué aussi, sûrement.

Je me souviens qu’après la sortie de Mess, tu avais dit dans des interviews que tu prévoyais de déménager car tu avais déjà fait 3 albums à Los Angeles. Tu parlais d’aller à Détroit. Finalement, tu as choisi d’aller en Australie !
On avait le choix entre Détroit et l’Australie. En fait, la famille de ma femme vit dans le Michigan et ma famille est en Australie. Et on a pris en considération le fait que mes parents sont plus âgés que les siens. Du coup, on a décidé d’aller en Australie en premier. Mais je suis persuadé que l’on ira vivre un jour à Détroit. C’est un bel endroit.

Et pourquoi avoir quitté L.A. C’était devenu trop confortable artistiquement parlant ?
C’est exactement ça. Je déteste me sentir dans un trop grand confort quelque part. Mais aussi, en termes de qualité de vie, de famille, comme je te le disais, cela semblait le bon choix. L.A. peut être un endroit dur et là où on vivait c’était assez dur. Ma femme et moi avions envie d’un endroit où l’on pouvait poser nos racines. Et ni elle ni moi sentions que cet endroit pouvait être L.A. On ne voulait pas rester là-bas indéfiniment.

Du coup, vous avez choisi de vivre dans un endroit reculé, isolé…
Tout à fait. Tous les 2 on a ressenti, dans notre for intérieur, que l’on était plus des gens du Bush (NDR: le Bush est le nom du désert australien) que des gens de la ville. Et l’endroit que l’on a trouvé est juste incroyable. Une sorte de petit paradis. Tu ne peux y accéder que par bateau.

C’est une île ?
Non, c’est pas une île. C’est un parc national qui se trouve sur la côte mais il n’y a pas de route qui y mène. Notre maison est sur la côte. Tu dois garer ta voiture sur le bord de la route la plus proche, prendre un bateau…

Ou marcher…
Peut-être que tu pourrais marcher mais je crois que personne ne l’a jamais fait (rires). C’est vraiment très loin. C’est un parc national énorme. Cela a été un virage incroyable pour nous, qui te permet d’apprendre plein de choses. C’est ce que j’aime : me mettre dans une situation nouvelle, différente. Qui t’oblige à te battre pour savoir comment cela va fonctionner. Je n’étais pas une personne qui faisait du bateau avant et là j’ai dû apprendre à gérer les marées, par exemple. On doit récupérer notre eau aussi, pour être autonome de ce point de vue là. Il faut donc réfléchir pour que cela fonctionne vraiment. C’est un mode vie complètement différent. C’est vraiment apaisant là où on est maintenant.

Je comprends pourquoi cela a influencé le nouvel album…
Oui, j’étais entouré totalement par le Bush et ça a forcément eu une influence sur la façon dont je voulais que la musique s’agence. Les précédents albums, faits à L.A., ont été créés sur ordinateur. Avec des logiciels. Cela, combiné avec la ville, a donné une musique avec des bords tranchants. Le fait de déménager dans le Bush a abouti à quelque chose de plus organique. On dit souvent que dans la nature il n’y a pas d’angles droits. Ce que j’ai écrit est du coup plus fluide, plus lo-fi aussi. J’ai essayé de laisser aller les choses où elles devaient aller naturellement. Je n’ai pas essayé de « faire rentrer ce truc là dans ce trou ». Et aussi le fait que mon studio était complètement isolé dans le Bush, en plus de ce qui s’était passé avec Aaron, m’a permis d’être plus insulaire. Plus personnel aussi.

Quand as-tu réellement commencé à travailler sur ce nouvel album en fait ?
Ca remonte à pas mal de temps, en fait, car avant de quitter LA, j’avais loué un studio, juste pour 3 ou 4 jours. C’était une pièce comme celle-ci remplie d’instruments. J’ai juste appuyé sur « enregistrer »et j’ai essayé de jouer de tout pendant 3 jours sans réel objectif que de capturer les sons. J’ai emmené ce matériau enregistré avec moi en Australie, je l’ai rentré dans mon ordinateur pour ensuite pouvoir le manipuler. Je pense que c’était il y a 2 ans.

Tu avais des choses précises en tête pour cet album ?
Techniquement, il y avait quelque chose qui m’intéressait et que j’avais en tête effectivement qui semble, dans un sens, assez évident. Dans la pop et le hip hop il y a beaucoup de samples. J’avais déjà fait un peu de sampling dans le passé mais soudain j’ai été vraiment intrigué par ça. J’ai passé beaucoup de temps à faire des recherches sur les premières incarnations du sampling. Collage#1 de James Tenney est un bon exemple. Sur les ramifications légales aussi et comment ça fonctionne réellement. Parce que je commençais alors à réfléchir à ce que je pourrais utiliser comme samples pour ensuite en faire des morceaux. Initialement, je m’étais dit que ce serait cool, par exemple, de sampler Kanye West. Mais comment aurait-il réagi à ça ? Je ne sais pas vraiment. Du coup, au bout du compte, j’ai décidé de réutiliser ce que j’avais enregistré dans ce studio et de me sampler moi-même puis passer tout ça dans une machine ! Le processus est assez similaire au hip hop si tu prends des parties de batterie et d’autre parties trouvées ailleurs et que tu assembles tout ça. Je savais que je voulais travailler de cette façon. Et ce n’est pas avant d’avoir commencé à travailler dans ce sens là que je me suis rendu compte que ce à propos de quoi j’étais en train d’écrire, c’était la désintégration de ma relation avec Aaron… De choses qui s’écroulent autour de toi et de la tristesse qui en découle… C’est devenu un album très sombre et triste pour moi.

Comme à chaque album tu as essayé d’expérimenter de nouvelles choses. Tu nous as parlé du sampling mais la guitare acoustique est l’autre nouveauté de ce TFCF
Après les 2 albums que l’on avait faits et ces sons que l’on avait produits, qui étaient générés par des ordinateurs, j’avais vraiment envie d’entendre un micro au milieu d’une pièce. Capter des sons ambiants. Parce qu’avec un ordinateur, tu n’as que des signaux et là je voulais entendre l’espace. C’était ma motivation pour aller dans un studio. Il y avait toutes sortes d’instruments : des xylophones, des guitares acoustiques… De tout. J’ai commencé à prendre l’une de ces guitares acoustiques, juste pour jouer. Je ne suis pas un super musicien, c’était juste pour frotter les cordes, essayer des trucs sans se poser de questions. J’ai joué des heures. La beauté des ordinateurs, c’est que j’ai pu emporter ça avec moi pour créer des rythmes, des accords, des sons qui donnent l’impression que je suis effectivement en train d’en jouer. Ce qui m’intéressait, c’était le son naturel.

Il y a des changements drastiques entre certains de vos albums. Mais depuis WIXIW (NDR: prononcez « wish you »), il y a une vraie continuité, des similitudes importantes entre les albums. Tu le vois aussi comme ça ?
C’est vrai qu’il y a des connections claires car c’est vrai qu’avec WIXIW, c’est la première fois que je rentrais dans un ordinateur pour essayer de comprendre toutes les possibilités que cela offrait pour la musique. Mess, dans un sens, était la suite logique de ça. J’avais la sensation de continuer à apprendre comment travailler avec un ordinateur tout en commençant en même temps à vraiment maîtriser ce que je faisais. Et le nouvel album appartient aussi à cette catégorie, je suppose, car j’ai continué à travailler à partir d’un ordinateur. Il y a donc, c’est vrai, des similitudes. Mais tu sais, d’un autre côté, il y a une choses intéressante. Les gens disent souvent cela, qu’il y a de grosses différences entre nos albums mais si tu prends la liste des morceaux que l’on joue ce soir, il y a des morceaux qui proviennent de tous les albums et quand tu les écoutes ensemble tu te rends compte qu’il n’y a pas une si grosse différence que ça entre eux. C’est davantage l’angle technique choisi pour chacun d’entre eux qui est différent. L’ordinateur, par exemple. Mais sinon, si tu prends l’essence des morceaux, il y a beaucoup de similitudes entre eux.

Quelle sera la prochaine étape, la prochaine évolution dans la musique de Liars ? Tu vas continuer à travailler à partir de l’ordinateur ou tu vas essayer quelque chose de nouveau ?
C’est une bonne question. Pour tout te dire, je n’ai pas encore commencé à réfléchir à ça. Tu me prends un peu au dépourvu mais je pense que la prochaine étape sera peut-être de se débarrasser de l’ordinateur. Et peut-être aussi… Depuis le début de Liars, j’ai toujours composé seul. Je suis à l’aise avec ça. Et je me demande si la prochaine étape ne sera pas de s’asseoir avec d’autres personnes autour d’une table pour créer des chose ensemble. Ce serait un changement énorme pur moi. Et encore une fois peut-être qu’il n’en résultera pas une musique qui sonne drastiquement différemment mais le processus sera lui complètement différent. La meilleure chose avec Liars, c’est que les possibilités sont infinies ! Il n’y a pas UNE façon définie de faire les choses. Cela dépend vraiment juste si je trouve que ce que j’ai en tête à ce moment-là est intéressant ou pas. Et je suis très chanceux d’être dans la position dans laquelle je me trouve. Il n’y a pas de mauvaise réponse, tout simplement.

Je sais que tu donnes beaucoup d’importance à l’agencement des morceaux, à leur ordre d’apparition dans un album. Qu’as-tu essayé de faire sur le nouveau à ce niveau-là ?
J’ai pensé celui-là comme 2 faces différentes d’un enregistrement.

Un peu comme un vinyle ?
Tout à fait. C’est un peu archaïque mais je le voyais comme ça. Je voulais que le début de chaque face soit une sorte d’introduction qui fasse pénétrer doucement l’auditeur et je voulais aussi, dans un certain sens, que la première moitié de l’album soit triste, qu’elle s’apparente à des pleurs en quelque sorte et que la deuxième partie soit comme une confiance qui revient. Parce que c’est ce que j’ai ressenti quand j’ai fait l’album.

Quelques mots au sujet de l’artwork. Je crois que c’est la première fois que l’on te voit sur la pochette…
Non, c’est pas la première fois, je suis sur la jaquette de notre album éponyme.

Oui, c’est vrai mais on ne te reconnaît pas vraiment car on te voit de côté mais cette fois, la photo a été mise en scène pour que l’on voit que c’est toi.
C’est la situation qui m’a amené à faire ce choix. Ce que je voulais exprimer avec cette couverture, c’est que je me sentais comme marié à Aaron. C’est pour cela que l’on me voit en mariée attendant son fiancé. Il y aurait eu des façons plus faciles de faire cette couverture : j’aurais pu prendre des photos de la nature autour de moi, dans le Bush, où j’ai travaillé à l’album. Mais je voulais me confronter au public. A la réalité aussi. Sur la photo, c’est moi, je suis seul, et cela peut être difficile à avaler. Enfin, généralement, j’aime prendre des décisions qui ne vont pas dans le sens de la facilité. C’était l’occasion, créativement parlant, de faire quelque chose d’intéressant. C’est sûr qu’il aurait pu y avoir une pochette moins stressante pour moi mais c’est celle-là qui m’empêchait de dormir la nuit et c’est la raison pour laquelle je l’ai choisie…

Aaron a vu cette couverture ?
Oui, oui il l’a vue. Il a adoré !

Une dernière question : tu vis toujours dans le Bush ou vous avez déménagé ?
Oui oui on vit toujours dans le Bush. On n’a pas encore bougé. Et on ne va pas bouger avant un bout de temps, je pense. On se sent bien là-bas. Et comme je l’ai dit plus tôt, j’ai l’impression d’avoir encore des choses à apprendre là-bas. C’est ça l’important avec moi, toujours, avec les endroits où je vis: quand je commence à vraiment comprendre comment ils fonctionnent, c’est là que je me lasse et que je veux bouger. Dans le Bush, à chaque fois que je monte dans le bateau, j’ai encore ce stress… et quand je vois les oiseaux ou la nature, je trouve encore ça génial !