Peu familier des groupes de la boucherie Relapse, je dois indéniablement reconnaître que RED FANG, en une vidéo promo très ‘jackassienne’ (‘Wires’) a piqué ma curiosité pour ensuite véritablement me séduire avec cet album à la pochette hideuse. Imaginez un peu quatre rednecks barbus, le cheveux gras, péter dans de la soie. Ou s’il ne s’agit pas de soie visons au moins la dentelle. En proposant un heavy-rock de haute volée, le quatuor de l’Oregon surclasse ses camarades. Là où les MELVINS patinent depuis un bon nombre d’albums, où BIG BUSINESS ne provoque pas d’étincelle, où HIGH ON FIRE est insupportable et où MASTODON se veut toujours plus grandiloquent, les crocs de RED FANG brillent d’un sang rouge vif parce que la bête a faim et qu’en plus, elle est rusée. Ses techniques d’attaque n’ont rien de révolutionnaire mais elles démontrent un savoir-faire remarquable doublé qu’il est d’un sens du dosage et de finesse qui font la différence. Jamais trop ceci ni trop cela, le heavy-stoner rock du groupe régurgite quarante ans de musiques lourdes (de BLACK SABBATH aux premiers QUEENS OF THE STONE AGE en passant par MASTODON) sans être ridicule. Sa culture n’est pas limitée et certaines chansons comme ‘Dirt Wizard’ peuvent aller puiser leur force dans le punk-hardcore. A un bloc puissant, l’une des deux voix, dans un registre beaucoup moins pop que celle de Josh Homme, y ajoute souvent pas mal de mélodie (‘Hank Is Dead’, ‘Number Thirteen’). Les guitares ont toujours quelque chose d’intéressant à exprimer (le grain sur ‘Wires’ est vraiment à se rouler par terre). Les solos n’ennuient jamais. Les compositions ouvrent presque toutes des portes inattendues. Avec l’ajout de claviers par-ci (‘Wires’) et de bons effets par-là (‘The Undertow’) on croque souvent de bonnes grosses cerises sur les compos qui confirment en permanence combien le combo a de la suite dans ses idées simples mais diablement efficaces. Intéressant aussi que de faire produire cette machine à riffs par Chris Funk de THE DECEMBERISTS. Sans jamais s’écarter de son sujet, Murder The Mountains est la réussite de quatre types qui ont su intelligemment combiner leurs influences très diverses pour se et nous faire plaisir tout au long de ces dix titres. Loin devant ses concurrents, RED FANG a peut-être sorti l’album de heavy-rock de l’année et se place, avec cette deuxième réalisation, dans une échappée de tête excitante et prometteuse.

(Album – Relapse)

En écoute
Wires

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