PAMPLEMOUSS « debut » (autoprod) : Un trio qui envoie son blues noise pied au plancher, sans artifice et sans se poser de question. C’est craspouille et clair à la fois (bravo pour le son). Ça fonce comme du Mudhonney, chauffe comme du garage-blues, marque quelques points avec un refrain bien senti ici ou une guitare noise là, et vous donne envie de vous lancer dans une danse frénétique comme si vous étiez le roi du lycée. C’est déjà pas mal, non ?

AFTER LAUGHTER « Quest for sanity » (Antena Krzyku) : Quand des polonais nous la jouent old-school, dans la droite lignée de Fuel, Hot Water Music, Dag Nasty ou Descendents… Pour les amateurs de hardcore émotionnel et mélodique qui n’avaient plus grand chose à se mettre sous les dents ces derniers temps.

THE GURU GURU « pchew » (ampersand) : Houlala, quel album calorique ! Même Mike Patton risque de ne pas aller au bout. Math-noise-indie-prog, ça hurle, ça part dans tous les sens, avec beaucoup de boulot, c’est sûr. Des effets, des mélodies, de la technique, et des gueulantes vocodées… Trop riche pour moi… j’ai pas le courage de tout disséquer. Foncez si vous aimez les machines à laver et les effets. Moi je passe mon tour.

MONT-DORE « fractures » (black basset rds) : Du post-hardcore qui s’inspire autant du screamo (voix hurlée, et tourmentée), que du postrock (belles montées mélancoliques) pour donner un album rageur, aux guitares bien ficelées. Plus enclin à filer des coups de lattes que des caresses, les Belges arrivent à garder la furie de leurs ainés (Botch, Cult of Luna), tout en gardant de belles mélodies.

BILLIONS OF COMRADES « rondate » (black basset) : Rock riche, éclectique et recherché. Post-punk, pop, electro, et j’en passe. C’est souvent dansant et on y trouvera pas mal de bons morceaux, si on accepte de faire un peu de tri.

ED WOOD Jr « the home electrical » (Black Basset rds / tourne Disque / Araki) : On avait laissé le duo de Lille avec un math-rock puissant et technique. On le retrouve en machine à danser, avec une forte dose d’electro, voire de house dans sa musique. Dur. Suivant un peu la voix de Battles ou Fuck Buttons (sans l’aspect expérimental), le duo essaie d’ouvrir son espace, sans pour autant garder la subtilité de ses pères. On voit même apparaitre un chant féminin, particulièrement radiophonique. Le savoir faire est intact mais le changement est net et pas toujours du meilleur effet, même si l’approche math-rock (aseptisée) est encore bien présente.

FOREIGN DIPLOMATS « princess flash » (HiLo / Caroline) : Si tu as aimé Arcade Fire ou The Shins, et que tu es abonné aux inrocks, alors le nouvel album de ce groupe des Laurentides devrait te causer. Sinon je pense que tu n’auras aucun raison de croiser leur route.

DEBELI PRECJEDNIK / MASINKO « godina majmuna / majmun godine » (moonlee rds / dirty old label) : Split entre deux groupe croates. D’un côté les vétérans (Debeli Precjednik), de l’autre, les jeunots (Masinko). Pour le style, ça file tout droit, tendance punk melo. Un plus énervé chez les jeunes qui chantent clairement en croate. De là à retenir ce disque…

BREEZY TEMPLE « millions of suns left » (partycul system) : Voilà des années que nous n’avions pas entendu la folk intimiste de ces deux là. Dépouillé, fragile et proche de Nico, ce nouvel album nous fait rentrer dans leur univers, avec de belles intentions, et des histoires fortes, mais manque encore un peu de corps pour vraiment prendre son envole.

KAOUENN « s/t » (PH37 soundlab) : Electro rock qui oscille entre le plus dansant de Depeche Mode et du The Faints moins inspiré. Pas toujours au sommet malgré quelques passages intéressants.

LARSEN « of grog vim » (important rds) : Premier album complètement instrumental du groupe italien. Entre post-rock recherché et musique cinématique, ce disque véhicule son lot d’histoires, tout en beauté, sans pour autant être fade. On voyage, en douceur, mais avec du contenu.

BLACK INK STAIN « st » (autoprod) : Si Helmet tourne en boucle sur ta platine et que tu cherches sans relâche un groupe qui pourrait jouer près de chez toi plus facilement, tu peux te pencher sur ce 4 titres de Black Ink Stain. 90s noise pour amateur de Helmet, Unsane & co.

YOUTHSTAR « SA.Mod Hot Sauce EP » (chinese man rds) : Premier EP solo du londonien, amateur de drum&bass. 6 titres chauds comme la braise qui te donne envie de frimer à bord de ta décapotable. Flow rap acéré, et univers varié (hip-hop, boom bap, rock). Ça envoie sec, avec sa dose d’humour. Epicé, sans doute putassier, typiquement anglais, et franchement efficace.