Quoi de mieux qu’un nouveau Zidrou pour faire passer la pilule de la rentrée un peu plus facilement !? D’autant que le récit nous parle de retour de vacances, euh de croisade pardon, aussi…Mais c’est presque la même chose pour le chevalier Brayard qui s’en revient de Jérusalem après 7 ans passés loin de son château de Porcelle Sainte-Bertrude et de son épouse Waudru, laquelle lui rappelle, après qu’elle lui ait raconté, dans le détail, tout ce qui s’est passé en son absence, pourquoi il avait eu envie de partir…Du coup, quand l’occasion, inespérée !, de repartir se présente, Brayard n’hésite pas une seconde car « l’aventure est sa vraie demeure ». Il se propose donc de raccompagner chez les mécréants musulmans une princesses arabe que son ami le seigneur Scorback avait pris en otage pour qu’il puisse toucher la rançon promise…
Un voyage ponctué par les chansons paillardes que Brayard (d’où son nom…) entonne, par les malandrins qu’il faut occire à chaque pont qu’il faut traverser ou par les réparties castratrices lancées par la princesse (à ce qu’elle dit…) Hadiyatallah quand elle doit protéger sa pureté contre toutes les convoitises dont elle fait l’objet…Car les croisades selon Zidrou, c’est forcément différent ! C’est surprenant, souvent drôle (la scène des retrouvailles entre Brayard et Waudru vaut le détour!), parfois délirant, et même touchant par moments. Et comme à son habitude, le scénariste belge en profite pour montrer ici l’envers du décor, ce que les livres d’histoire ne racontent pas : les liens qui pouvaient se nouer entre musulmans et chrétiens malgré les discours de haine prononcés des 2 côtés, les vraies raisons (pas toujours aussi nobles qu’il n’y paraît…) pour lesquelles moines ou seigneurs décidaient de partir en croisade mais aussi la cruauté dont les Hommes sont capables ou le traitement barbare réservé aux femmes…Soyons honnêtes : ce Chevalier Brayard n’est pas le meilleur Zidrou que l’on ait lu mais c’est une tragi-comédie bien agréable qui nous fait passer un bon moment de lecture. D’autant que l’on retrouve avec plaisir Porcel (qui avait déjà collaboré avec Zidrou sur l’excellent Folies Bergères) aux crayons.

(Récit complet – Dargaud)