Paris, La Station.

En ce 15 septembre, il a fallu que les températures baissent à des niveaux peu raisonnables. Le concert tant attendu de Frustration à la Station, qui se déroule en plein air pour ceux qui ne connaissent pas le lieu, prenait du coup des couleurs d’épreuve pour beaucoup. Peu importe, si les premières écharpes et bonnets font leur apparition dans le public, la pluie nous épargne, c’est déjà ça de gagné.

Ce sont les havrais de Dick Voodoo qui ouvrent la soirée. Ça faisait un bail que je ne les avais pas vus, et je me réjouis donc de leur présence. Ce soir c’est un peu un remake de cette soirée au Trabendo il y a 5 ans pour ceux qui s’en souviennent… sauf qu’il manque Giuda et Komplikations. Tout avait été génial au Trabendo à l’époque, de Dick Voodoo à Frustration, espérons que ce soir nous refasse le même effet.

Le duo monte donc sur scène pendant que le soleil se couche. Ils vont nous livrer pas mal de morceaux de leur premier album (2013) ainsi que quelques titres de leur dernier EP (2016). L’attitude n’a pas changé depuis la dernière fois. Des purs sons 80s, dansants et dark, entre musique synthétique froide et electro minimale, et ce chant noyé dans la reverb. Impossible de ne pas penser à Suicide tant l’influence est flagrante. Mais là où les français de Scorpion Violente jouent l’abstrait et l’ambiance du groupe américain, Dick Voodoo se font beaucoup plus concrets et dansants, notamment grâce aux rythmiques efficaces, et aux programmations nerveuses. Malheureusement, les deux havrais manquent cruellement de présence (malgré le Tshirt Black Flag du chanteur), et tenir la scène n’est vraiment pas leur fort. Je préfère définitivement écouter leurs compos sur disque (excellent album sorti en 2013) qu’en live, malgré la puissance décuplée du son. Ce soir il faut avouer qu’on a encore une fois du mal à bien comprendre le chant plein de reverb. Et le show n’est toujours pas captivant. Dommage car les compos sont là, aussi efficaces qu’un set de techno minimale sombre et destroy.

Vu comment ça caille, on espère juste que Frustration vont mettre le feu pour nous réchauffer un peu. Et les parisiens ne vont pas se faire prier. Avec un set plutôt mid-tempo, les cinq vont retourner, comme à leur habitude, un public déjà bien acquis à leur cause. « No trouble », « Excess », « Dreams, Laws Rights and Duties », « Just Wanna Hide », « Assassination », « Too Many Question », « Cause You Ran Away », « Mother Earth In Rags », etc. il y en a pour tout le monde, et tout le monde a le sourire. Le son est pourtant vraiment moyen. Mais les tubes sont là, et pour le coup, ces gars là savent tenir la scène. Le public reprend en choeur les principaux refrains, tout le monde oublie le froid, et La Station toute entière se met à onduler en rythme. Pourtant les gars ne sont pas dans leur meilleur jour, et ça enchaine les pains, mais comme on se le dit entre nous, ils ont beau ne pas être toujours super carrés, Frustration assurent toujours des putains de concerts ! Et ce soir ne dérogera pas à la règle. Le rappel nous réserve en plus quelques petites surprises avec une reprise des Visitors (Electric Heat), et un nouveau morceau (que j’aimerais bien ré-entendre avec un meilleur son). Merci les Frufru. Always the best !

 

photos : LaMenace