Après une petite escapade lumineuse (mais plutôt boudée par la critique) chez Mute, Nika Roza Danilova, aka Zola Jesus, replonge assez logiquement dans les ténèbres chez Sacred Bones, le label qui l’a vu naitre. Pour ce nouvel album, Zola Jesus repart donc, pour notre plus grand bonheur, séduire les démons, sur fond de musique sombre et industrielle. Comme souvent, nous assistons à une sorte de grande messe gothique faite de cendres et d’os. Contraste entre ces nappes de sons flippants, et ce lyrisme quasi religieux. Pour Okovi, on ressent tout de même une douceur inhabituelle et quelques rayons de lumières rédempteurs. Car derrière la branchitude du label Sacred Bones, et la dureté froide de la musique (toujours composée avec l’aide d’Alex DeGroot), on sent que Zola Jesus pourrait assez naturellement devenir une Lana Del Ray underground : terriblement plus sombre, certes, et encore ce qu’il faut de menaçante pour garder son aura indé, mais définitivement plus proche de la starlette américaine que des ses confrères de label, soyons honnête. Peu importe, Okovi dévoile un retour aux sources plutôt réussi dont les fans vêtus de noir devraient se réjouir.

(album – sacred bones)