Que ce vin blanc commence à prendre de belles couleurs. Merveilleusement inspiré par son Leipzig d’adoption, Joe Haege renoue avec le meilleur de sa créativité. Et ce nouvel album s’inscrit dans la droite lignée du précédent, en toute logique avec le parcours de Joe depuis 31 Knots. Ce Killer Brilliance s’enfonce juste un peu plus encore dans les désordres d’un monde trouble. Les boucles étranges, les nappes dissonantes, et les sons bruyants ne laissent pas de place aux doutes. Ces trois là ne sont pas là pour vous prendre par la main, et vous montrer le chemin. Plus que jamais en dehors des cases et des sentiers battus, le groupe perturbe, explore, et repoussent toujours un peu plus les limites des formats trop rigides. Et pourtant qu’est-ce qu’on se sent bien à leurs côtés. Car, et c’est leur force, leurs recherches pointues semblent tellement accueillantes et innocentes. Derrière le bruit, il y a cette délicatesse, et cette sensibilité pop. Derrière ces murs sombres, il y a évidemment cette voix. Petite lueur d’espoir exubérante. Il y a ce sens des mots, du rythme, cet éclair de folie, ou de génie. Il y a la personnalité de Joe Haege. Et c’est toute cette contradiction, cette confusion, miroir d’une société perturbée, que nous livre White Wine sur ce nouvel album. L’auditeur embarque pour un voyage intense et étrange, mêlant le français à l’anglais, l’indus à la pop la plus déviante, Bowie à Suicide. Un voyage qui ne laissera pas de marbre, mais dont on ressortira grandi. Merveilleux.

(Album – Altin Village / Mine rds)