Sur la pochette, une mariée, triste. Parce qu’elle a été abandonnée par son promis, au dernier moment, le jour de la noce. Voilà ce qu’a ressenti Angus Andrew quand son compère de presque toujours au sein du groupe, Aaron Hemphill, lui a annoncé qu’il quittait Liars…Une décision qu’il a mise en scène sur cette photo et dans les textes des morceaux qui parlent d’abandon, de rupture, de solitude…Côté musique, Angus lui-même nous avait dit lors de notre interview au Luxembourg qu’il y avait 2 nouveautés sur cet album : la guitare acoustique et le sampling. Eh bien il ne nous avait pas menti. Il a ici effectivement puisé dans le matériau enregistré lors d’une session dans un studio de New-York où, seul, il a joué des instruments qu’il avait sous la main, pour en ressortir des riffs de guitare acoustique qu’il a donc samplé pour les passer ensuite en boucle avant d’ajouter beats, batterie parfois, chant, et d’autres petites choses encore, comme du synthé ici ou de la guitare électrique là. Le tout aboutissant à quelque chose que le groupe n’avait encore jamais fait (en fait seuls 2 morceaux, les très bons Cred Woes et Coins In My Caged Fist, plus electro-punk, font le lien avec le précédent album Mess) : un mélange d’electro, de folk, d’introspection et d’expérimentations. Pas étonnant finalement. Car comme à son habitude, Liars surprend et va où on ne l’ attend pas. Il déstabilise même mais finit par convaincre si on prend le temps de s’immerger dans TFCF (Theme From Crying Fountain, un titre plein d’auto-dérision) et ses complaintes dépouillées, complètement atypiques (elles ont même un côté bancale parfois), véritablement habitées par le chant d’Angus. Difficile en effet de ne pas succomber aux très attachants The Grand Delusional, No Tree No Branch ou Emblems Of Another Story

(Album – Mute)